Pensez le Futur.

Politique mondiale

Afrique des récits : le silence médiatique qui handicape Rabat... 85

La presse n’est jamais neutre et ne le sera jamais. Elle ne se contente pas de rapporter les faits : elle les hiérarchise, les amplifie ou les étouffe. En Afrique, où le combat d’influence se joue autant dans les salles de rédaction que dans les chancelleries, la puissance médiatique est un indicateur central du leadership réel. À ce jeu-là, la comparaison entre le Maroc et le Sénégal, à l’aune des faits enregistrés lors de la finale de la CAN, est cruelle. C'est un cas d'école. Elle met en lumière une vérité dérangeante : le Maroc agit massivement sur le continent, mais parle peu ou se fait peu entendre, tandis que le Sénégal, avec des moyens plus limités, impose sa voix. Le Sénégal dispose d’un capital médiatique ancien, forgé par l’histoire, la culture du débat et une presse qui n’a jamais totalement renoncé à sa fonction critique. Dakar reste un centre névralgique de la parole africaine francophone. Ses médias transforment un fait national en sujet continental, une controverse locale en débat panafricain. Ils maîtrisent l’art du récit : donner du sens, créer de l’émotion, orienter l’opinion. Une simple consultation de *Le Soleil*, journal d’État historique et leader en diffusion, ou de *Walfadjri*, groupe puissant, conservateur et critique, suffit à en mesurer la portée. Le Maroc offre un paradoxe saisissant. Le pays investit, finance, construit, forme et avance à pas de géant. Il prône le partenariat gagnant-gagnant, se positionne comme un acteur majeur du développement africain et revendique une profondeur stratégique continentale. Pourtant, cette ambition se heurte à une faiblesse flagrante : l’absence d’une presse marocaine audible et influente à l’échelle africaine. Les médias marocains pullulent, sont parfois performants techniquement, mais restent confinés à un dialogue interne. L’Afrique y apparaît souvent comme un décor diplomatique, rarement comme un espace de débat vivant. Cette carence a un coût politique lourd. Faute de relais puissants, le récit marocain quand il existe, peine à s’imposer. Ses succès passent inaperçus, ses positions sont mal comprises, ses silences interprétés comme des aveux de faiblesse ou comme un manque d'humilité. *Pendant que d’autres occupent l’espace, le Maroc laisse filer la bataille des perceptions.* En Afrique, celui qui ne raconte pas son histoire accepte que d’autres la racontent à sa place, avec leurs biais et leurs mensonges quand la mauvaise foi s’en mêle. L’affaire du Sahara l’a démontré des décennies durant, avec des résidus persistants : le narratif du voisin s’est ancré dans bien des esprits, colportant bobards, déformations historiques, allant même jusqu'aux distorsions géographiques. Cette absence de voix se reflète aussi dans le mutisme des élites. Les ministres marocains sont discrets, pour ne pas dire absents des plateaux africains. Les ambassadeurs sont peu enclins aux grands débats continentaux. Les experts marocains sont invisibles dans les médias panafricains: le Maroc est présent physiquement et matériellement, mais absent narrativement. À l’inverse, les responsables sénégalais: politiques, diplomatiques ou intellectuels, investissent l’espace médiatique régional. Ils expliquent, justifient, contestent, conscients que l’influence se construit par la parole publique. Le football, trop souvent réduit à un spectacle par des décideurs malavisés, révèle ces déséquilibres avec brutalité. Une lourde défaite peut rester un fait divers ou devenir un événement politique et symbolique. Quand un fait sportif circule en Afrique, ce n’est pas le score qui frappe, mais la manière dont il est raconté, commenté, débattu. Sur le terrain, les choses peuvent bien se passer ; ce qui compte, c’est le récit médiatique. Les sanctions de la Confédération africaine de football (CAF) confirment cette réalité. Leur impact dépasse le cadre sportif : elles deviennent objets de débat, instruments de pression, leviers d’influence. Là où certains médias amplifient, contextualisent et politisent l’événement, d’autres le subissent, pleurnichent sans convaincre. Le Maroc adopte trop souvent cette posture défensive, faute d’une presse capable d’imposer sa lecture des faits et un narratif solide. Aujourd’hui, l’impression règne que le continent s’est ligué contre le Royaume, perçu comme corrupteur des rouages et maître absolu de la CAF. Dans la réalité, nous en sommes loin, très loin. Pourtant, essayez de convaincre un jeune Africain du contraire : certains voient même les sanctions contre le Sénégal comme injustes. Le problème n’est pas quantitatif, mais stratégique. Le Maroc ne manque pas de médias ; il manque d’une vision africaine. Peu de correspondants sur le continent, faible présence multilingue, absence de plateformes panafricaines : autant de handicaps dans une Afrique ultra-connectée. S’y ajoute une prudence éditoriale qui étouffe le débat, alors que l’influence naît de la confrontation des idées. Le constat est irréfutable. Le Maroc ne pourra prétendre durablement à un rôle central en Afrique sans investir le champ médiatique. Il lui faut des médias offensifs, crédibles, capables de parler *à* l’Afrique et *avec* l’Afrique ; des voix visibles, assumées, présentes dans les controverses et débats de fond. La puissance moderne ne se mesure plus seulement en kilomètres d’autoroutes, banques ou accords signés, mais à la capacité d’imposer un récit. Le Maroc ne doit jamais oublier la guerre tous azimuts qui lui est menée, y compris médiatiquement. Il doit l’intégrer comme composante primordiale de sa politique africaine. **Tant qu’il laissera ce terrain à d’autres, ceux qui, jaloux et complexés, misent sur la désinformation, la calomnie et le mensonge, ses ambitions resteront à chaque fois fragilisées pour ne pas dire fragiles.** La bonne foi ne l’emporte jamais seule : elle avance parallèlement à la mauvaise. **C’est le plus rapide, le plus serein, le plus persuasif, celui qui rend coup pour coup, qui triomphe à la fin.**

Basta, Monsieur Motsepe... 154

Lettre à Monsieur Patrice Mosepe Président de la Confédération Africaine de Football, en réponse à sa déclaration suite au rendu de la commission de discipline de votre instance. Non, Monsieur le Président, vous ne pouvez pas faire porter à un pays hôte, en l’occurrence le Maroc, le poids des faiblesses chroniques de la CAF et de la gouvernance hésitante de ses instances disciplinaires. En entérinant des sanctions perçues comme sévères pour le Maroc, tout en ménageant ceux qui ont gâché une finale censée être l’apothéose de la CAN 2025, votre discours sur « l’intégrité » et « l’image du football africain » apparaît moins comme un sursaut moral que comme un renversement commode des responsabilités. Ce n’est pas le Maroc qui a fragilisé la crédibilité de la CAF : ce sont les décisions, les non dits, les contradictions juridiques et la communication décalée qui entourent ce dossier. Le Maroc n’est pas un justiciable ordinaire de la CAF, c’est l’un de ses principaux piliers. Quand d’autres reculent devant les exigences organisationnelles, logistiques et sécuritaires, c’est le Royaume qui accepte d’ouvrir ses stades, ses aéroports, ses hôtels et ses villes à des compétitions dont beaucoup ne voulaient pas assumer le risque. La CAN 2025 a mobilisé des infrastructures mises à niveau à marche forcée, neuf stades aux standards internationaux, une logistique fluide et une sécurité saluée, pour offrir au continent un tournoi que personne ne conteste sur le plan de l’organisation. Dire aujourd’hui à ce même pays qu’il doit, en plus, absorber la facture symbolique et sportive des incohérences réglementaires de la CAF revient à punir l’acteur qui a le plus contribué à la réussite de l’événement. Lorsqu’on sanctionne le Maroc, ce ne sont pas seulement des dirigeants fédéraux qui sont visés, ce sont des millions de Marocains qui se sentent atteints. Ils ont rempli les stades, mis en avant l’hospitalité du pays, fait de cette CAN une vitrine du continent, avant de voir leur sélection, déjà distinguée par un prix du fair-play, se retrouver au centre d’un verdict jugé « incompréhensible » jusque dans la presse internationale. Comment expliquer à ces citoyens qu’un pays hôte exemplaire sur le plan organisationnel soit traité avec une telle dureté quand, dans le même temps, la qualification juridique du retrait momentané de l’équipe sénégalaise ou d’autres comportements ayant perturbé la finale semble avoir été traitée avec une indulgence calculée ? La question qui se pose est celle de la cohérence et de la proportionnalité. De nombreux observateurs, y compris des juristes et d’anciens responsables de la CAF, soulignent les incohérences d’une décision où la sévérité affichée à l’égard du Maroc ne s’accompagne pas d’un traitement aussi ferme et transparent de tous les protagonistes. Les suspensions de joueurs marocains et les amendes infligées à la FRMF s’ajoutent au rejet de la réclamation fondée sur les articles 82 et 84, là où la gestion du comportement de l’adversaire et des incidents ayant conduit à l’interruption du match, aux blessures de vaillants stadiers et aux équipements saccagés, laisse un goût d’inachevé. Ce déséquilibre alimente le sentiment que la CAF a cherché un « équilibre politique » plutôt qu’une justice sportive lisible. Vos déclarations, Monsieur le Président, annoncent certes une réforme du Code disciplinaire, des sanctions plus « appropriées et dissuasives » et la volonté de protéger l’intégrité du football africain. Vos propos confirment donc que ce qui a été constaté lors de la finale doit être lourdement réprimandé. La défense de l’intégrité du football africain devait logiquement commencer là au vu des faits que le monde entier a qualifié de scandaleux sauf votre commission de discipline qui encourage ouvertement ainsi l’indiscipline. Aux yeux de millions de Marocains, qui ont investi des milliards de dirhams dans leurs infrastructures et engagé leur image internationale à quelques années d’une Coupe du monde 2030 co organisée, cette soudaine lucidité arrive trop tard et ressemble à une opération de rattrapage. On ne reconstruit pas la confiance avec des promesses abstraites, mais avec des décisions qui donnent le sentiment d’une égalité de traitement, d’une lecture rigoureuse des textes et d’un respect pour les sacrifices consentis par les pays hôtes. En réalité, ce qui se joue dépasse largement un simple contentieux disciplinaire : c’est le contrat moral entre la CAF et ses membres les plus engagés qui est en cause. Quand un pays qui prend des risques pour accueillir vos compétitions a le sentiment d’être transformé en bouc émissaire pour masquer vos propres défaillances, la relation devient toxique. Et si le Maroc vous disait aujourd’hui : basta. Il ne peut pas, il ne doit pas, payer pour les ambiguïtés juridiques, les hésitations politiques et la gouvernance vacillante d’une confédération qui se retranche derrière l’« indépendance » de ses instances, tout en refusant d’assumer pleinement la portée de ses choix. La CAF en votre nom vient de franchir un autre pas vers la perfidie à l’encontre des bons élèves comme si les bons élèves qui travaillent pour le développement du football africain dérangeaient quelqu’un quelque part… Ne sommes-nous pas là en plein dans le syndrome du coquelicot qui dépasse les autres dans un champ. Oui nous y sommes Monsieur le président. Ceux qui n’aiment pas le succès des autres parce qu’incapables de faire de même chez eux ont triomphé. Ils ont menacé. Ils ont été écoutés. Le Maroc dérange par son développement, ses réalisations hors pair, ses victoires diplomatiques, son succès dans l’organisation et la qualité de ce qu’il a offert à votre confédération. Il en paie le prix. Le prix de la naïveté dont il a fait preuve.

CAN 2025 : Quand la Realpolitik et l'Influence Institutionnelle Terrassent le Droit 75

L’arbitrage rendu par la CAF ce 29 janvier 2026, concernant l’épilogue tumultueux de la finale Maroc-Sénégal, ne saurait être réduit à une simple chronique sportive ; il marque l’avènement d’un déni de justice structurel où la Realpolitik s'est, de fait, substituée à la norme écrite. En rendant ce verdict de complaisance, la CAF a manqué une occasion historique de marquer un point décisif contre les dérives qui gangrènent le football africain. Désormais, faute d'une sanction exemplaire, le message envoyé est délétère : quiconque souhaitera demain paralyser une finale disposera d'un précédent pour justifier son insubordination. La « Paralysie Tactique » : Une Prise d'Otage du Jeu Contrairement aux interprétations radicales qui ont circulé dans le feu de l'action, le Onze sénégalais n’a jamais consommé de rupture physique irréversible avec l’aire de jeu. En demeurant dans le périmètre technique, les acteurs ont neutralisé de facto le couperet de l’article 82 du règlement de la CAF. Toutefois, cette distinction ne saurait atténuer la gravité des faits. Nous avons assisté à une véritable prise d'otage du match. En instrumentalisant les zones grises du terrain, le Sénégal a exercé une pression psychologique et administrative insupportable sur le corps arbitral, paralysant le cours normal de la rencontre. Cette sédition périmétrale constitue une entrave majeure à l'éthique sportive : c'est le droit du plus fort, et non la règle, qui a dicté le tempo de la finale. En validant ce comportement, la CAF autorise désormais le chantage au retrait comme levier de négociation en plein match. L'Urgence d'un Cadre Disciplinaire Sui Generis : Sanctionner l'Entrave • Le constat est sans appel : notre droit sportif continental est prisonnier d'un binarisme obsolète. Pour la Commission de Discipline, il n'existe que le match joué ou le match abandonné. Face à cette obstruction systémique, le régime actuel s'apparente à un « arbre aux fruits amers ». • Il est désormais impératif d’instaurer un délit d’entrave spécifique. Le droit ne peut rester muet face à une équipe qui sature l'espace pour bloquer le chronomètre et forcer une décision favorable. La réforme doit consacrer la sanction de l'intentionnalité : tout refus de reprise, même statique, doit entraîner une défaite automatique par pénalité. Sans cette « scientisation » des sanctions, nous condamnons le football africain à l'insécurité juridique permanente. L'Héroïsation du Sabotage et l'Impunité des Architectes Le contraste entre la gravité des faits et la légèreté des sanctions infligées au sélectionneur sénégalais heurte de front les principes élémentaires du droit sportif. • Le héros factice : Ce récit, qui transmute une infraction réglementaire en acte de résistance patriotique, constitue une défaite morale majeure. On ne célèbre plus l'excellence technique, mais la capacité à braquer les rouages du système. • Le paravent de la Fédération Sénégalaise : La stratégie d'Abdoulaye Fall a été d’une efficacité chirurgicale. En orchestrant un narratif de "victimisation" face à une prétendue mainmise marocaine, il a rendu la FSF politiquement intouchable. Pour la CAF, sanctionner le fond aurait été perçu comme un aveu de partialité, validant ainsi la stratégie de l'agression préventive. L'Entrisme Sénégalais et l'Ombre Portée sur le « Hard Power » Judiciaire L’analyse révèle une asymétrie de pouvoir flagrante. Si le Maroc a investi dans un « Soft Power » contributif, le Sénégal semble avoir sécurisé le « Hard Power » judiciaire. Il appert clairement aujourd'hui que la Fédération Sénégalaise est omniprésente et remarquablement introduite dans les arcanes de la CAF. La présence d'une figure nationale à la tête de la Commission de Discipline, même en cas de retrait formel du titulaire, instaure un préjugé structurel insurmontable. Cette justice de Salomon — sacrifier le fusible (le sélectionneur) pour protéger l'institution (le trophée) — n’est qu'une manœuvre de Realpolitik destinée à ménager une fédération dont l'influence institutionnelle semble désormais dicter le tempo des verdicts au détriment de l'équité. Le Rapport de l'Arbitre : Le Paravent de l'Incompétence La Commission de Discipline semble s’être murée dans un aveuglement volontaire en se fondant exclusivement sur les rapports de l’arbitre et des officiels, faisant fi des preuves matérielles, chronométriques et vidéos. • Le juge et partie : L'arbitre, dont la perte d'autorité est la cause première de l’escalade, devient paradoxalement le seul narrateur légitime des faits. • La dénaturation administrative : En s’appuyant uniquement sur ces procès-verbaux souvent laconiques ou partiaux, la Commission a sciemment opté pour une vérité administrative au détriment de la vérité du terrain. C’est un cercle vicieux où l’on protège l’arbitre pour ne pas avoir à appliquer la rigueur de la loi contre le champion. Le Mythe de l’Influence face à la Réalité des Faits Pendant des mois, un narratif médiatique complaisant a tenté de dépeindre Fouzi Lekjaa comme le démiurge de la CAF. Le verdict de ce 29 janvier apporte la preuve cinglante du contraire. Pour démontrer une indépendance forcée, la CAF a frappé le Maroc sur des points périphériques (lasers, logistique) tout en épargnant le Sénégal sur l'essentiel. Il appert aujourd'hui que le Sénégal dispose d'une influence "offensive" capable d’infléchir le règlement, là où le Maroc subit une neutralité punitive. En privilégiant la stabilité politique à la rigueur du droit, la CAF a fissuré son propre socle de crédibilité. Le Maroc, fort de sa vision portée par Sa Majesté le Roi, doit se faire le chantre d'un Laboratoire de la Modernité Institutionnelle. Le recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) est désormais l'unique voie pour restaurer la primauté du droit sur la manœuvre et transformer ce déni de justice en un précédent législatif salvateur, capable de briser l'impunité de ceux qui pensent pouvoir braquer le système par la sédition périmétrale.

Sanctions de la CAF : une justice disciplinaire à géométrie variable ? 131

Les décisions de la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant les incidents ayant émaillé la rencontre finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc sont désormais connues. Elles étaient attendues, scrutées, parfois redoutées. Mais au-delà de leur simple annonce, c’est leur **cohérence, leur proportionnalité et leur équité** qui interrogent aujourd’hui. À première vue, la CAF a voulu frapper fort, donnant le sentiment de sanctionner les deux parties afin de préserver une posture d’équilibre. La CAF a simplement oublié qu'à la base le conflit était bel et bien entre le Sénégal et l'arbitre et point avec l'équipe du Maroc et donc le conflit opposait in fine le Sénégal à cette même CAF responsable de l'organisation et de l'arbitrage. Le Sénégal et le Maroc ont ainsi, selon la logique de la commission qui rappelons le est présidée par un sénégalais, été sanctionnés à des degrés divers. Pourtant, une lecture attentive des faits, confrontée au contenu même des décisions rendues, révèle une **asymétrie difficilement justifiable** entre la gravité des actes constatés et le poids des sanctions prononcées. Le ridicule n'est pas loin. Le problème central c'est à dire l’arbitrage a été évacué simplement. L’élément le plus troublant réside sans doute dans l’**absence totale de référence à l’arbitre** dans le rendu de la Commission. Comme si celui-ci n’avait jamais existé. Or, les images et les témoignages concordent : l’arbitre a fait preuve, en fin de rencontre, d’une **irresponsabilité manifeste**. Comment justifier la reprise du jeu alors que les conditions minimales de sécurité n’étaient clairement pas réunies ? Le stade avait été envahi par des supporters officiels sénégalais, des équipements avaient été saccagés, et la tension était à son comble. En pareilles circonstances, les règlements sont clairs : la priorité absolue doit être donnée à la sécurité des joueurs, des officiels et du public. En ignorant cette dimension, la Commission de discipline passe à côté d’un **maillon essentiel de la chaîne des responsabilités**. Elles sont pourtant bien identifiées. Il ne s’agit pas ici d’exonérer totalement la partie marocaine. Des comportements répréhensibles ont existé, et certaines réactions, à chaud, pouvaient être évitées. Mais la nature et la gravité de ces actes restent **sans commune mesure** avec ceux imputables à la délégation sénégalaise et à son environnement immédiat. L’exemple le plus frappant demeure la sanction infligée à Achraf Hakimi. Lui reprocher d’avoir tenté de retirer une serviette appartenant au gardien sénégalais, objet qui, soit dit au passage, n’avait rien à faire sur l’aire de jeu, relève davantage de la **recherche d’un équilibre artificiel** que d’une application rigoureuse de l’esprit disciplinaire. La commission a sanctionné là le joueur que la CAF avait désigné : Joueur fairplay du tournoi. Quel paradoxe!!! Peut-on sérieusement placer ce geste au même niveau que des débordements impliquant envahissement de terrain et dégradations d’infrastructures ? Préjudice à l'image du football mondial au delà de celui africain. L'opportunité d'un tel amalgame dans le dossier et la proportionnalité des sanctions sont manifestement discutables. C’est précisément sur ce terrain de la proportionnalité que la décision de la CAF vacille. Les sanctions infligées au camp marocain apparaissent **relativement lourdes** au regard des faits qui lui sont reprochés, surtout lorsqu’on les compare à celles concernant la partie sénégalaise, pourtant associée à des incidents structurellement beaucoup plus graves. Cette disproportion affaiblit le discours de ceux qui, au Sénégal et ailleurs, dénonçaient une supposée « mainmise » du Maroc sur les instances de la CAF. Si une telle influence existait réellement, comment expliquer que le Maroc se retrouve, lui aussi, lourdement sanctionné ? Où est cette prétendue protection institutionnelle quand les décisions disciplinaires semblent, au contraire, s’exercer avec une rigueur particulière à son encontre ? Alors on peut regretter l'occasion manquée pour la CAF de montrer un nouveau visage de puissance et de justice. La Commission de discipline de la CAF a manqué une occasion précieuse : celle de **clarifier les responsabilités**, de réaffirmer le rôle central de l’arbitrage et de poser des jalons crédibles pour la gestion des crises dans les compétitions africaines. En choisissant une forme de symétrie punitive plutôt qu’une analyse fine des faits, elle entretient le malaise, alimente les suspicions et laisse les acteurs du jeu: joueurs, dirigeants et supporters dans une zone grise où l’injustice perçue devient plus dommageable que la sanction elle-même. Le football africain mérite mieux qu’une justice disciplinaire à géométrie variable. Il mérite une autorité capable d’assumer ses choix, de nommer les responsabilités là où elles se trouvent réellement, et de protéger l’essentiel : l’intégrité du jeu et la sécurité de ceux qui le font vivre. Aujourd'hui certains rigolent sous cape parce qu'ayant échappé à de vraies sanctions proportionnelles à leurs méfaits, d'autres sont estomaqués, d'autres encore concluent à la non maturité de cette instance africaine, comme d'autres instances continentales d'ailleurs. Une piètre image d'un continent où la jeunesse aspire au développement et à un avenir radieux et pour qui le football et les footballeurs sont les modèles. Le football africain a t il raté l'occasion de servir d'exemple? La CAF s'est elle trompée de communiqué ou de match? En tous cas il y a bien une partie gagnante qui passe sous les radars tranquillement; la partie ayant été à l'origine de tous cela. Tel un fuyard, la commission a publié son communiqué à une heure impossible...Rigolo non? A se demander s'il faut garder espoir et aller plus loin dans la procédure ou bien se résigner à admettre qu'il n' y a pas d'espoir pour une instance footballistique africaine juste et crédible.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 230

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Locomotive du Football Africain : Le Modèle Marocain face aux Vents Contraires 192

Le rideau est tombé sur la CAN 2025, laissant derrière lui un sillage de contrastes saisissants. Si l’événement a consacré la suprématie du Royaume en tant que hub logistique de premier plan, les scènes de tension observées lors de la finale du 18 janvier 2026 à Rabat ont agi comme un rappel brutal des contingences qui pèsent encore sur le football continental. Entre la perfection des infrastructures et l’archaïsme de certaines postures disciplinaires, une interrogation s'impose : comment la transition du cadre réglementaire de la CAF vers celui de la FIFA en 2030 transformera-t-elle la gestion de ces crises organiques ? Cette mutation ne constitue pas une simple extension d'échelle, mais une véritable rupture paradigmatique où la neutralité technocratique viendra sanctuariser l'excellence marocaine. I. L’Excellence Marocaine : Une vitrine technologique pour l’Afrique L’investissement massif déployé par le Royaume — de la modernisation profonde des complexes sportifs à l’intégration systémique de la VAR — a offert au monde l'image d'un Maroc moderne, rigoureux et visionnaire. Cette réussite matérielle, saluée par les observateurs internationaux, visait à établir un standard de référence africain. Pourtant, cette image de perfection s’est heurtée à un phénomène psychologique tenace : le « complexe du pays hôte ». Dans cette configuration, la maîtrise organisationnelle est parfois perçue par certains concurrents non comme un progrès partagé, mais comme un levier de domination, alimentant mécaniquement des théories du favoritisme. Les événements de la finale en sont l'illustration paroxystique. Le but refusé à Ismaïla Sarr ou le penalty accordé en fin de match sont devenus, sous le prisme de la suspicion régionale, des instruments de polémique plutôt que des faits d'arbitrage techniquement étayés. Les données de DM Sport révèlent pourtant une réalité inverse : le Maroc a figuré parmi les sélections les plus pénalisées du tournoi. Ce décalage souligne une faille majeure : la technologie ne suffit pas à valider le résultat si elle n'est pas protégée par une autorité juridictionnelle perçue comme exogène. II. Leadership Solidaire et Diplomatie du Ressentiment Il serait toutefois erroné de percevoir cette quête d'excellence comme une volonté de distanciation. Au contraire, le Maroc préserve des relations historiques profondes et indéfectibles avec la majorité des nations sœurs du continent. Le Royaume, fidèle à son ancrage africain, continue d'œuvrer activement pour la promotion du football continental au sein de la CAF, offrant ses infrastructures et son expertise aux fédérations en quête de professionnalisation. Cette politique de la main tendue fait du succès marocain un succès pour toute l'Afrique. Pourtant, ce leadership dérange. On observe une « diplomatie du ressentiment » émanant de certaines sphères médiatiques étrangères, notamment dans certains pays arabes et africains, visant à ternir la belle image donnée par l'organisation marocaine. En érigeant le Maroc en « ogre » favorisé, ces narratifs tentent de transformer une supériorité factuelle en une injustice morale. Ce harcèlement médiatique cible précisément l'émergence d'un modèle de gouvernance qui s'aligne désormais sur les standards mondiaux les plus exigeants. III. L'avènement de la « justice froide » : La sanctuarisation par le droit Le passage sous l'égide de la FIFA en 2030 marquera la fin de cette proximité géographique propice aux cabales. Contrairement au cadre continental, la mondialisation des corps arbitraux brisera les rivalités de zones. Là où la CAF doit parfois naviguer entre compromis diplomatique et impératif sportif, la FIFA déploie une « justice froide », purement procédurale. Le chaos observé à Rabat trouverait en 2030 une réponse chirurgicale. L'Article 10 du Code Disciplinaire de la FIFA est clair : tout refus de reprendre le jeu entraîne un forfait automatique et des sanctions lourdes. En 2030, la règle du droit agira comme un couperet protecteur pour l'organisateur, rendant caducs les narratifs victimaires. IV. La technologie et le « Bloc 2030 » : Vers une vérité indiscutable L'édition 2030, portée par le trio Maroc-Espagne-Portugal, bénéficiera d'une automatisation totale du jugement (Shadow VAR, hors-jeu semi-automatisé) et d'une transparence absolue. Le Hosting Agreement de la FIFA s'imposera comme une norme supérieure garantissant l'impartialité. Ce cadre juridique agira comme un bouclier, empêchant que des incidents disciplinaires ne soient instrumentalisés politiquement contre le Royaume. La CAN 2025 aura été pour le Maroc une démonstration de force organisationnelle réussie, confirmant son rôle de locomotive pour le football africain. Cependant, elle a aussi révélé que l'excellence reste vulnérable aux bruits de couloirs. En 2030, l'ancrage définitif dans le droit FIFA permettra au Royaume de transformer cette belle image organisationnelle en une consécration d'image pérenne. Le sport, enfin protégé des scories géopolitiques, pourra s'aligner sur la vision stratégique d'un Maroc tourné vers l'universel, faisant de la règle de droit le socle de sa légitimité mondiale.

Le “Conseil de la paix” de Trump : pragmatisme stratégique ou signal d’alarme pour l’ordre international ? 208

L’invitation adressée par le président américain Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour intégrer le nouveau « Conseil de la paix » marque un tournant significatif dans la pratique contemporaine des relations internationales. Elle ne relève ni du protocole ni du symbolique, mais s’inscrit dans une reconfiguration assumée des mécanismes de gestion des conflits mondiaux. L’acceptation de cette invitation par le Souverain, alors que le président algérien n’a pas été convié et que l’Afrique demeure largement sous-représentée pour ne pas dire ignorée, souligne une logique sélective fondée non sur la géographie ou l’idéologie, mais sur l’utilité politique telle que perçue de l'acteur mondial que sont les USA. Dans le communiqué officiel annonçant l'acceptation du Souverain, il a été explicitement rappelé les fondamentaux de la diplomatie marocaine vis à vis de la question palestinienne et notamment la solution à deux états vivant côte à côte. Les relations de confiance tant avec les parties arabes concernés notamment les palestiniens de Gaza et ceux de Cisjordanie d'un coté, qu'avec Israël de l'autre, laisse entrevoir parfaitement le rôle qui sera celui du Royaume dans l'instauration de la paix et pour la reconstruction de la région. N'est ce pas une façon directe de consacrer une diplomatie de résultats face à l’essoufflement du multilatéralisme qui bat de l'aile depuis belle lurette. Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto, les processus de paix sont figés, les missions onusiennes sans horizon politique clair : les symptômes d’un système saturé sont évidents. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump s’inscrit lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle. Dans ce contexte le Maroc est surement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace. La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d’un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme. Le Maroc s’est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation adressée au souverain. À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle. Dans une logique trumpienne, l’efficacité prévaut sur la représentativité. Le pragmatisme sur la stérilité et l'aveuglement idéologique désuet. La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ? Ce Conseil ne signe pas la fin de l’ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en expose la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à obtenir, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité. L’initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclencheur : soit d’un affaiblissement progressif de l’ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d’une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité. Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite. Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense. Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l’Europe et les États-Unis. Là où Washington privilégie le rapport de force et la négociation directe, l’Europe demeure attachée à un multilatéralisme normatif, parfois déconnecté des réalités du terrain. Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoigne bien de la situation anachronique de sa stratégie. L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump. Comment interpréter le propos du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer. C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance? Pourquoi alors refuser d'en faire partie! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7... Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n’est ni une alternative institutionnelle complète à l’ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels. Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d’acteurs capables d’articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale. Plus qu’un changement d’architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale. Et comme le siège du Conseil n'est pas encore connu pourquoi ne pas le voir s'installer au Maroc. L'invitation spéciale adressée à Sa Majesté le Roi Mohammed VI est de bonne augure et peut être aussi comprise dans cette optique. Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.

CAN 2025 ou le Maroc, vitrine panafricaine exemplaire... 457

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc marque une rupture nette avec les 34 éditions précédentes par le niveau de standards qu’elle impose et par le message qu’elle adresse au continent et au reste du monde. Le Royaume, dès le dépôt de sa candidature, avait promis une édition en tout point exceptionnelle, allant jusqu’à présenter sans détour cette CAN comme la meilleure de tous les temps. Cette ambition n’a pas été un simple slogan: elle s’est traduite dans les faits par une mobilisation sans précédent de l’État, de ses institutions et de la société. La rendez-vous en devint un concentré de savoir-faire marocain au service de l’Afrique toute entière ou presque. *Le Maroc disposait déjà, CAN ou pas, d’infrastructures difficilement égalables sur le continent en termes de gamme, de capacité d’accueil et de connectivité. Son réseau routier et ferroviaire figure parmi les plus développés, ses aéroports assurent des liaisons fluides avec les grandes capitales du continent et du monde. A cela s’ajoute un maillage rare de grandes villes capables d’accueillir un événement sportif international de premier plan.* Au plan strictement sportif, le Royaume a modernisé l’ensemble des stades retenus pour la compétition et en a construit de nouveaux, portant toutes les enceintes aux normes les plus exigeantes de la FIFA, qu’il s’agisse de capacités, de sécurité ou de qualité des pelouses. Cette CAN vient ainsi dévoiler à grande échelle une réalité déjà connue des initiés: le pays est doté d’un écosystème d’accueil robuste, tourné vers l’excellence. En toile de fond, cette démonstration s’inscrit dans une transformation de fond engagée sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le pays connaît depuis deux décennies une métamorphose tous azimuts: infrastructures, économie, politiques sociales, diplomatie, rien n’est laissé de côté. Le développement humain est au cœur de la vision royale, et les investissements consentis dans les stades, les transports, l’hébergement, mais aussi dans la santé et l’éducation, s’inscrivent dans une même trajectoire: améliorer le niveau de vie du citoyen tout en projetant le pays comme acteur central de la scène africaine. Le Royaume a triplé son PIB en 20 ans, un record rarement égalé sur le continent. Il vise un nouveau doublement dans la décennie à venir. L’organisation de la CAN s’insère dans cette dynamique comme une vitrine spectaculaire des capacités logistiques, techniques et humaines du pays. Cette ambition s’accompagne d’une vision panafricaine assumée, fondée sur une logique de partenariat «Win-Win». *Le Maroc se positionne comme moteur de l’intégration africaine, mettant à disposition ses moyens et son expertise. Il est devenu le 1er investisseur étranger en Afrique de l’Ouest et porte des projets structurants, à l’image du gazoduc Nigeria–Maroc, destiné à relier 16 pays à une source d’énergie fiable, condition indispensable à tout développement. *A Dakhla, le Royaume édifie le plus grand port en eau profonde du continent, conçu comme une porte d’accès stratégique pour les pays du Sahel vers l’Atlantique. L’Office Chérifien des Phosphates déploie pour sa part des solutions innovantes pour la souveraineté alimentaire du continent, tandis que les banques marocaines accompagnent la modernisation et la structuration des systèmes financiers d’une vingtaine de pays, là où nombre d’acteurs occidentaux se sont désengagés. La CAN ne fait que lever le voile sur cette réalité, en donnant à voir au grand public ce que le Royaume construit depuis des années. *Le football, dans cette équation, n’est pas un simple divertissement: il est envisagé comme une véritable industrie d’avenir pour l’Afrique. * Sur un continent qui se dirige rapidement vers les deux milliards d’habitants, majoritairement jeunes, le sport s’impose comme un levier majeur à la fois pour la santé physique et mentale que pour l’emploi et la consommation locale. La vision de Sa Majesté le Roi s’appuie sur ce potentiel en plaçant la jeunesse au centre des priorités. Investir dans les académies, les infrastructures sportives et les compétitions, c’est investir dans la stabilité du continent et, par ricochet, dans celle du monde. Le Maroc, qui s’est vu confier par ses pairs africains un rôle de premier plan sur la question migratoire, articule cette politique sportive avec une approche inclusive de l’intégration: les ressortissants subsahariens représentent aujourd’hui plus de 70% des étrangers vivant au Maroc, soit plus de 200 000 personnes, témoignant d’une volonté d’accueil et de co-construction d’un destin commun. Dans ce contexte, la CAN 2025 joue pleinement son rôle de test grandeur nature pour la Coupe du Monde 2030, que le Maroc organisera avec l’Espagne et le Portugal. Elle démontre la capacité opérationnelle du Royaume à gérer un événement de grande ampleur: 52 matchs sur 31 jours, 24 équipes, une logistique lourde en flux de supporters, de médias et d’équipes. Une organisation fluide, des stades modernisés comme le Prince Moulay Abdellah, des infrastructures hôtelières à la hauteur, des réseaux de transport efficaces et une sécurité maîtrisée constituent autant de signaux positifs adressés à la FIFA. L’accueil de plus d’un million de spectateurs sans incidents renforce l’image d’un pays capable d’offrir une expérience globale réussie aux stades et dans les multiples fan-zones, dans toutes les villes du pays. Sur le plan symbolique, les performances des Lions de l’Atlas, portés par l’engouement populaire, renforcent l’idée d’un Maroc pivot du football africain à l’horizon 2030. La dimension politique n’est pas en reste. Face à la puissance d’attraction de modèles nord-américains ou européens, cette CAN donne corps à une autre forme de coopération, triangulaire et équilibrée, entre l’Afrique et l’Europe du Sud. Le dossier conjoint Maroc–Espagne–Portugal trouve dans cette édition une validation grandeur nature de la complémentarité entre les trois pays : synergies d’infrastructures, connectivité, capacité à absorber des flux massifs de supporters, diversité des cultures et des langues. Le succès de la CAN 2025 conforte la crédibilité de cette candidature en montrant que le Maroc est un pilier fiable du dispositif à trois, pleinement intégré aux standards mondiaux de l’organisation sportive. Au-delà des chiffres, des statistiques d’audience ou des retombées économiques, l’impact le plus précieux pour le Royaume demeure cependant immatériel: c’est l’estime des peuples africains. L’image laissée par cette CAN dans la mémoire des joueurs, des délégations, des médias et des supporters pèsera longtemps. Le souvenir d’un pays accueillant, organisé, ouvert et profondément attaché à son africanité est sans doute le legs le plus durable de cette compétition. C’est sur ce capital de confiance, fait de respect, d’hospitalité et de sérieux, que le Maroc entend bâtir la suite de son projet continental et mondial, dans le football comme au-delà, bien évidemment.

Février, quarante-cinq ans après: la fin inéluctable des mollahs... 465

Il y a quarante-cinq ans, en février 1979, l’Iran basculait dans ce qui fut présenté au monde comme une «révolution». L’ayatollah Rouhollah Khomeiny prenait le pouvoir au nom d’un peuple épuisé par l’autoritarisme du shah Mohammad Reza Pahlavi, pour l’entraîner dans un abîme politique, moral et civilisationnel dont le pays ne s’est jamais relevé. Pourtant, cette bascule ne surgit pas du néant : elle s’inscrivait dans une trajectoire tourmentée, marquée par deux exils du shah: le premier en 1953, chassé temporairement par le Premier ministre Mohammad Mossadegh, le second en janvier 1979, définitif et humiliant. Pour comprendre ce basculement, il faut remonter à la période Mossadegh (1951-1953), un épisode fondateur souvent occulté par la propagande post-révolutionnaire. Élu démocratiquement, Mohammad Mossadegh, avait nationalisé l’industrie pétrolière au nez et à la barbe de la British Petroleum, incarnant l’aspiration à la souveraineté économique face à l’impérialisme occidental. Il voulait un Iran laïque et indépendant, multipliant les réformes sociales et réduisant l’influence britannique. Cette audace provoqua une réaction en chaîne : un coup d’État orchestré en août 1953 par la CIA (opération Ajax) et le MI6 ramena le shah sur le trône, exilant Mossadegh et inaugurant une ère de répression sous SAVAK, la police secrète. Cet événement traumatisant sema les graines de la rancœur anti-occidentale que Khomeiny exploiterait plus tard, tout en légitimant pour beaucoup l’image d’un shah puppet des puissances étrangères. De retour au pouvoir, le shah lança en 1963 sa "Révolution blanche": une vaste modernisation agraire, l’émancipation des femmes: droit de vote entre autre, l’industrialisation accélérée et une éducation laïque. L’Iran devint un État pétrolier prospère, allié des États-Unis, avec une croissance économique fulgurante, jusqu’à 12% annuels dans les années 1970. Mais cela masquait des failles béantes: corruption endémique, inégalités croissantes, répression des opposants notamment clergé chiite, communistes et nationalistes. Une occidentalisation perçue comme une trahison culturelle. Les manifestations de 1978, réprimées dans le sang à Qom et Tabriz, culminèrent avec le second exil du shah le 16 janvier 1979, fuyant vers le Maroc puis les États-Unis pour y mourir en exil un an plus tard. Khomeiny, rentre triomphalement de Paris le 1er février, capitalise sur ce vide et promet justice sociale là où le shah avait failli. Aujourd’hui, l’Iran est à bout de souffle. Le régime des mollahs est sous terre, assiégé par son propre peuple. La révolte gronde, profonde, durable, irréversible . Dans ce type de système idéologico-théocratique, la réponse du pouvoir est unique, mécanique, pavlovienne : accuser le peuple de traitrise. Traître à quoi ? À un régime qui a confisqué l’État, étouffé la société et brisé l’avenir? Les Iraniens ne réclament ni l’impossible ni l’utopie. Ils demandent la dignité, une vie décente, la liberté de respirer. Les femmes veulent exister sans être surveillées, humiliées, violentées. Les jeunes veulent vivre, aimer, créer, travailler, espérer. Ils en ont assez des Gardiens de la Révolution: Pasdarans, cette milice idéologique devenue État dans l’État, économie dans l’économie contrôlant 60% du PIB. Face à cette colère populaire, le discours des mollahs est figé dans un autre âge : tout est la faute des USA, d’Israël, de complots extérieurs. Une rhétorique victimaire, usée jusqu’à la corde par des enturbannées de certitudes héritées d’un autre siècle. Le régime a toujours eu besoin de la confrontation pour survivre. Elle lui permet de se poser en victime, de souder artificiellement ses partisans et de justifier la répression interne. Au lieu d’entendre la rue, le pouvoir cherche encore l’escalade régionale, persuadé qu’un ennemi extérieur effacera l’ennemi intérieur. Depuis sa naissance, la République islamique a cherché à exporter son idéologie par le biais de proxies; au Liban: leHezbollah, en Syrie: soutien à Assad, en Irak: milices chiites, au Yémen: les Houthis et ailleurs. Partout, le résultat est le même : désolation, fragmentation sociale, destruction des États et des sociétés. Le Liban ne serait pas l’ombre de lui-même sans cette ingérence. La Syrie ne serait probablement pas ce champ de ruines sans l’obsession idéologique de Téhéran. Ironie tragique de l’histoire : ce projet prétendument «anti-impérialiste» a surtout servi à nourrir le plus grand marché des armes du monde. La région, pour se protéger de cette doctrine sortie des souterrains de l’histoire, s’est armée, militarisée. La guerre avec l’Irak, qui dura plus d’une décennie à partir de 1980 et coûta un million de vies. La spirale mortifère renforça temporairement le régime iranien en unifiant la nation contre l’envahisseur sunnite, tout en radicalisant Saddam. Se croyant intouchable après avoir livré bataille à l’Iran au nom de la région et, pensait-il, du monde, Saddam s’est ensuite engagé dans l’invasion du Koweït en 1990, signant sa perte. Rien de tout cela n’aurait eu lieu sans l’existence de ce régime théocratique radical, dont la seule légitimité repose sur la confrontation permanente. L’Iran n’est pas un État quelconque. C’est une civilisation millénaire, l’une des plus fécondes que l’humanité ait connues. Elle a offert au monde des contributions majeures en mathématiques, en philosophie, en médecine, en poésie, en art et en récits fondateurs. De Khayyam à Alkindi, d’Avicenne à Alfarabi ou Suhrawardi, l’héritage persan appartient à l’humanité tout entière. Et pourtant, depuis quarante-cinq ans, cette civilisation est prise en otage par un pouvoir qui la nie, la méprise et la déforme. Un pouvoir qui confond foi et domination, spiritualité et coercition, inversant les rêves modernistes du shah et les idéaux souverainistes de Mossadegh. Aujourd’hui, le régime tient encore. Il livre bataille à la rue, oppose les armes à des mains nues, l’oppression à une société qui n’a plus peur. Le nombre de morts augmente. Les menaces du Guide suprême résonnent encore, mais elles ne font plus trembler. Les jeunes ne sourcillent pas. Ils sont là et resteront. L’histoire est cruelle avec ce type de régimes. Les bolcheviques sont tombés. Les chavistes sont en train de s’effondrer. Les mollahs suivront. Ce n’est qu’une question de temps. Ibn Khaldoun l’avait compris avant tous les autres : aucun pouvoir ne peut survivre éternellement par la pression et l’oppression. La domination porte en elle-même les germes de sa fin. Lorsque l’‘asabiyya (cohésion sociale) se dissout, le régime chute comme pour le shah et Mossadegh renversé, bientôt les mollahs. Février approche. La boucle historique se referme peut-être. Le monde observe. Les peuples libres espèrent et prient pour que le peuple iranien soit enfin délivré de ses faux gardiens de la paix, et que l’Iran retrouve sa place naturelle : celle d’une nation vivante, apaisée, contributrice à la civilisation, et non prisonnière de ses fossoyeurs.

CAN 2025 : retour d’une mémoire africaine oubliée... Lumumba des gradins : la star symbolique ... 682

Indépendamment de l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, quel que soit le vainqueur, le meilleur buteur ou le gardien, le meilleur joueur, une certitude s’impose : la véritable star symbolique de cette compétition est congolaise. Non par un talent footballistique hors normes, mais par un rappel historique puissant et politique : la réincarnation, par le geste et l’attitude, de Patrice Émery Lumumba. Dans un tournoi dominé par les chiffres, trophées et records, un événement a surgi, déstabilisant les grilles de lecture classiques. Il ne s’agit ni d’un but décisif ni d’une parade spectaculaire, mais d’un acte symbolique reliant le football africain contemporain à une page tragique de l’histoire continentale. Au cœur de cette scène : Michel Kuka Mboladinga, supporter de la RD Congo, surnommé « Lumumba » dans les tribunes du stade Moulay El Hassan. Vêtu avec soin, coiffure et lunettes étudiées, il a suivi les rencontres de son pays, debout, immobile, main droite levée vers le ciel, regard fixe devant lui, une silhouette quasi statuaire. Ce rituel silencieux, répété match après match, a transcendé le folklore des gradins pour incarner dignité, constance et résistance. La CAF elle-même l’a salué: son président a rencontré Michel Kuka, consacrant la portée de ce « Lumumba » des tribunes. Au départ, peu y ont vu clair, y compris certains commentateurs sportifs. Certains parlaient d’une célébration originale, d’autres d’une provocation ou d’une excentricité virale. Ce malentendu révèle une réalité profonde : pour la jeunesse d'aujourd'hui, la mémoire politique du XXᵉ siècle s’efface derrière le flux médiatique. Patrice Lumumba, absent de l’imaginaire collectif, survit chez les historiens et militants ; pour beaucoup, son nom reste abstrait. Assassiné le 17 janvier 1961, après avoir été le premier Premier ministre du Congo indépendant (30 juin 1960), Lumumba incarne la lutte anticoloniale. Sa disparition, dans le contexte de la Guerre froide et des convoitises sur les richesses congolaises, a privé l’Afrique d’une voix souveraine. Le 17 janvier 1961 il est arrêté; son corps mutilé et dissous pour effacer jusqu’à sa trace physique. Marginalisé depuis par les récits dominants et manuels réécrits, en fait il effrayait les occidentaux et autres puissances coloniales, craignant son intransigeance. Le discours qu'il prononça devant le Roi des belges avait signé son arrêt de mort. Rappeler Lumumba à la CAN 2025, au Maroc, prend un relief particulier. En août 1960, peu après l’indépendance congolaise, il s’y rendit comme Premier ministre, saluant le Royaume et ses efforts de soutien aux indépendances africaines, sous feu Mohammed V. Le Maroc d'alors est l'hôte des mouvements de libération africains, et milite avec quelques partenaires engagés pour l’unité continentale, contre les ingérences et pour une souveraineté authentique. En incarnant Lumumba, Michel Kuka a transformé le football en espace de mémoire et de transmission. Le stade est devenu agora : un corps dressé, un silence assumé, une main levée ont fait resurgir l’histoire. Ce geste impose un rappel brutal : l’Afrique a ses martyrs, penseurs et leaders inachevés. Parfois, un simple supporter suffit à raviver une mémoire enfouie. Dans ce contexte, le geste de Mohammed Amoura, joueur algérien, mérite mention hélas. Lors d’une célébration après la qualification de son équipe aux quart de finale, il a imité la posture de Kuka puis s'est laissé tombé d'un geste moqueur et déplacé, provoquant critiques et plus sur les réseaux. Tourner en dérision Lumumba, même par ignorance, offense sa mémoire et l’idéal d’une Afrique insoumise. La bassesse est à son comble, l'indigence morale à son paroxysme. Le continent est aujourd'hui scandalisé. Cela trahit un vide éducatif criant : le sport ici hélas par ce geste ignoble, tolère la légèreté là où il devrait porter une conscience historique minimale et des valeurs de respect. Un joueur de football se doit d'avoir un minimum d'éducation ou s'abstenir de manifester quand il ne maitrise pas les codes ou n'est pas habité par les valeurs du sport et du fair-play. Le comble est que dans la quasi totalité des chaines algériennes l'attitude de ce pauvre joueur de ballon est glorifié et rapportée accompagnée de railleries et de moqueries de mauvais gout. L'incarnation véritable des médias d'un autre monde. On ne peut exiger du football africain qu’il soit fondateur d'unité, qu'il soit éducatif et élever le niveau des gens, tout en laissant railler les symboles de l’émancipation africaine. Cette schizophrénie révèle manifestement et images à l'appui, l'affaissement culturel et de civisme de tout un peuple. Une presse de caniveaux ne peut élever un peuple bien au contraire. Elle l'enfonce dans la petitesse, la médiocrité et accélère sa déchéance. Le jouer de ballon s'est excusé sous la pression mais cela ne suffira point. Le mal est fait. La CAN 2025 au Royaume du Maroc, restera sans doute gravée pour sa qualité et pour ses exploits sportifs. Mais grâce à un supporter congolais lucide et un public marocain respectueux et éduqué, elle offre une leçon de mémoire : Lumumba irrompe au présent, rappelant qu’on ne se projette pas sans assumer son passé. Dans un continent post-1961, ce geste était vital. Les héros ne meurent que si on cesse de les incarner, dans des stades comme ailleurs. Sur la terre marocaine où Lumumba défendit en 1960 une Afrique libre, son ombre renaît, portée par un supporter. Stade plein, caméras braquées, millions de regards : sa mémoire guide encore les consciences.

Venezuela après Maduro : transition démocratique ou nouvel imbroglio... 761

Qu’on soit d’accord ou non avec Donald Trump, la chute de Nicolás Maduro marque un tournant historique dans l’histoire vénézuélienne et, plus largement, dans l’histoire de la région et du monde. Après plus d’une décennie de gouvernance autoritaire, d’effondrement économique et d’exil massif, la capture de Maduro apparaît à la fois comme un soulagement pour une partie de la population et comme un choc pour l’ordre juridique international. L’arrestation du président ou du justiciable, selon l’angle de vision, exfiltré puis inculpé aux USA pour narcotrafic et corruption, concentre ainsi les espoirs de transition politique et les accusations d’ingérence impérialiste. Le Venezuela, pourtant riche du plus grand gisement pétrolier prouvé au monde, a connu une dégradation rapide de ses institutions démocratiques depuis les débuts de la révolution bolivarienne. Sous Hugo Chávez d’abord, puis sous Maduro, le pays a vu s’écrouler son économie, avec une hyperinflation récurrente, un effondrement de la monnaie nationale et une paupérisation généralisée. A partir de 2014, la crise s’est transformée en véritable catastrophe humanitaire: pénuries de médicaments, effondrement des services publics et insécurité endémique. La dimension humaine de cette crise est tout aussi dramatique: près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, fuyant la faim, la répression et l’absence de perspectives. A l’intérieur, les opposants politiques ont été marginalisés, l’indépendance judiciaire sapée et les libertés fondamentales réduites, au point que de nombreuses organisations internationales parlent de régime autoritaire ou de dictature hybride. Le pouvoir chaviste s’est mué en oligarchie corrompue, capturant la rente pétrolière au profit d’une élite politico-militaire et de réseaux criminels. Un modèle loin d’être unique. L’administration Trump, revenue au pouvoir avec un discours intransigeant contre les régimes qualifiés de « socialistes » ou de « narco-États », a progressivement durci sa stratégie à l’égard de Caracas. Pendant plusieurs années, Washington a multiplié les pressions : sanctions économiques lourdes visant la compagnie pétrolière nationale, restrictions financières, blocage naval et désignation du cercle de Maduro comme organisation criminelle transnationale. Officiellement, ces mesures visaient à asphyxier les ressources du régime, en particulier les revenus pétroliers et les flux issus du narcotrafic. En janvier 2026, cette stratégie de pression maximale atteint son paroxysme avec une opération militaire d’ampleur exceptionnelle. Des frappes ciblées et une opération spéciale coordonnée par le United States Southern Command aboutissent à la capture de Maduro dans son lit, puis à son transfert hors du territoire vénézuélien. **Le président Trump lui même annonce publiquement que Maduro et son épouse ont été arrêtés et seront jugés aux USA pour narcotrafic, corruption et participation à un prétendu cartel désigné comme organisation terroriste.** Dans la foulée, Trump promet que les États-Unis garantiront une transition politique « sûre et ordonnée » pour le Venezuela, allant jusqu’à évoquer la possibilité de « gérer » le pays jusqu’à l’organisation d’élections jugées crédibles. Cette intervention militaire a immédiatement suscité une cascade de réactions contrastées, révélant une polarisation profonde au niveau interne comme au niveau international. Pour ses partisans, l’opération est une forme de libération : elle met fin à un régime accusé de réprimer son peuple, de truquer les élections et de détourner les richesses du pays au profit de réseaux politico-mafieux. Une partie de l’opposition vénézuélienne, exilée ou restée sur place, présente la capture de Maduro comme l’occasion historique de reconstruire des institutions démocratiques et de relancer une économie exsangue. Pour ses détracteurs, au contraire, l’intervention américaine constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international, en particulier du principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte des Nations unies. Certains gouvernements d’Amérique latine et d’Europe, ainsi que des porte-parole des Nations unies, ont dénoncé une opération unilatérale américaine et mis en garde contre un dangereux précédent légitimant des actions similaires ailleurs dans le monde. Même au sein de l’opposition vénézuélienne, certains acteurs redoutent que la fin d’un autoritarisme interne n’ouvre la voie à une forme de tutelle externe durable, redoublant la polarisation entre pro et anti-intervention. Au-delà de la justification morale ou juridique, la dimension géopolitique et énergétique est centrale pour comprendre l’initiative. Le Venezuela dispose de réserves pétrolières considérables mais de mauvaise qualité que des acteurs comme la Chine et la Russie ont cherché à sécuriser via des accords de long terme, des prêts massifs et des prises de participation. Cette présence accrue de puissances rivales aux portes des États-Unis s’inscrit en faux contre la vieille doctrine Monroe et alimente, côté américain, la perception d’un défi stratégique dans ce que Washington considère comme son « arrière-cour ». Dans cette perspective, l’intervention ne peut être lue uniquement à travers le prisme des droits humains ou de la solidarité avec le peuple vénézuélien. Washington cherche aussi à reprendre la main sur la région, à réduire l’influence de Moscou et de Pékin en Amérique latine dans un contexte de rivalité globale exacerbée. Cette ambivalence, entre discours de libération démocratique et intérêts stratégiques, nourrit la méfiance, notamment dans le Sud global. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur l’intervention américaine, un point reste central : aucune transition politique durable ne peut réussir sans l’adhésion et la participation active du peuple vénézuélien en entier. La fin de l’ère Maduro ouvre une fenêtre d’opportunité pour reconstruire des institutions démocratiques, restaurer l’État de droit, garantir la liberté d’expression et relancer l’économie, mais cette fenêtre peut se refermer rapidement si la transition se fait sous la seule houlette d’acteurs externes. Les récents exemples de l’Irak, de la Libye et de la Syrie le confirment. La véritable **libération** ne viendra pas seulement de la chute d’un dirigeant, aussi autoritaire soit-il, ni des promesses d’une puissance étrangère, aussi influente soit-elle. Elle dépendra d’un processus politique inclusif, capable de réunir une société profondément fracturée, de prévenir les règlements de comptes et d’éviter l’émergence d’un nouveau système de dépendance, qu’il soit économique, sécuritaire ou diplomatique. C’est aux Vénézuéliens qu’il revient de définir, dans la durée, les contours de leur avenir, si possible avec un accompagnement international fondé sur le droit, la coopération et le respect de leur souveraineté. La position de l'armée est de militaires est aussi à scruter.

Maduro, de souverain à justiciable américain...ou la dernière nuit du Raiss Maduro... 833

Le scénario est désormais factuel: capture, transfert à New York, mise en accusation pour narcoterrorisme. Un précédent historique marquant. Place alors aux «Débats» ou «Opinions». De chef d’État à chef de cartel: le cas Maduro ou quand la puissance redéfinit le droit. Un président en exercice est extrait de son palais: Des bombes sont larguées au loin; dispersion d'attention et paralysie des systèmes de défense; Scénario maitrisé parfaitement bien mené. Un chef d'Etat a été enlevé par une armée étrangère puis exhibé menottes aux poignets devant les caméras à New York : la scène rappelle la fin de Manuel Noriega en 1989. Cette fois, ce n’est pas le général panaméen mais bien le révolutionnaire Nicolás Maduro, une sorte de relique bolivarienne, chef de l’État vénézuélien depuis 2013, désormais officiellement poursuivi pour narcoterrorisme par la justice américaine et incarcéré à Brooklyn. Le message est limpide: quand une superpuissance le décide, un président peut cesser d’être un sujet de droit international pour devenir un chef de cartel comme un autre. La puissance va déterminer et la qualification et le sort: dans un déroulé différent: Kaddafi, Sadam ont finit autrement mais aussi sur décisions de puissances étrangères. La clé de voûte de cette opération est moins militaire que narrative. Washington ne présente pas Maduro comme un ennemi politique, mais comme le cerveau d’une conspiration criminelle transnationale, prolongeant l’acte d’accusation déjà déposé en 2020 devant la cour fédérale de New York. Ce simple glissement de catégorie, du politique au pénal, du souverain au trafiquant, permet de contourner l’obsession contemporaine pour la souveraineté, l’immunité des chefs d’État et la nécessité d’un mandat multilatéral onusien. L’image n’est plus celle d’une invasion, mais d’une «opération de police» extraterritoriale destinée à protéger la santé publique américaine, un récit rodé depuis la «guerre contre la drogue» en Amérique latine. On croit assister à une scène de série télévisée: agents de la DEA et forces spéciales, lecture des droits, transfèrement vers un centre de détention fédéral, annonce solennelle du procureur. En réalité, c’est une démonstration de puissance stratégique. L’arrestation d’un chef d’État dans son lit, avec un appareil sécuritaire pris de vitesse et possiblement complice signe moins une victoire militaire qu’une humiliation systémique: celle d’un régime qui se rêvait bastion anti-impérialiste et se découvre incapable de protéger son propre président. Le «tigre» chaviste se révèle être un tigre de papier: fort en slogans, faible en capacité réelle. Les juristes rappelleront, à juste titre, que le droit international protège l’immunité des chefs d’État en exercice, sauf exceptions très encadrées. Mais l’histoire offre une autre leçon, moins confortable: depuis Noriega jusqu’aux mandats de la Cour pénale internationale contre Omar el‑Béchir ou Vladimir Poutine, la frontière entre souveraineté et responsabilité pénale n’a cessé de s’effriter. Déjà en 1998, l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres sur la base d’un mandat espagnol avait inauguré l’ère de la compétence universelle contre les anciens dirigeants. Aujourd’hui, avec Maduro, un pas supplémentaire est franchi: il ne s’agit plus d’un ex‑dictateur malade en visite médicale, mais d’un président en fonction, capturé par la force et jugé à l’étranger pour narcoterrorisme mettant en danger la santé des citoyens spécifiquement américains. La réaction internationale souligne la brutalité de ce changement d’époque. Quelques capitales dénoncent une «méthode cow-boy» contraire à la Charte des Nations unies; d’autres se réfugient dans une prudente indignation verbale, vite diluée dans les communiqués. Mais le plus frappant est ailleurs: nombre de dirigeants qui, hier encore, posaient complaisamment avec Maduro, acceptaient ses décorations et louaient son «courage bolivarien», se découvrent soudain une mémoire courte. Les archives regorgent de ces accolades devenues embarrassantes: elles rappellent que la diplomatie affectionne les grands mots, souveraineté, dignité, résistance, tant qu’ils ne coûtent rien. Abdelmajid Tebboune doit regretter aujourd'hui ses propos récents, insultants, à l'égard des puissances et autres ayant reconnu explicitement la marocanité du Sahara naguère espagnol. Dans l'affaire Maduro, Donald Trump a trouvé sa formule: renverser un régime sans prononcer le mot «guerre», capturer un président sans le reconnaître comme tel. L’opération viole de facto l’esprit du droit international, mais elle s’enrobe dans le langage du droit pénal américain, avec ses chefs d’accusation, ses juges, ses jurés, ses procédures. Au Congrès, quelques voix s’alarment du précédent créé. Cependant, l’histoire politique des USA montre que, face à ce qui est défini comme un «intérêt vital»: lutte contre la drogue, terrorisme, protection du territoire, les querelles partisanes cèdent rapidement la place à un réflexe d’unité. Désormais, la scène se déplace à la cour fédérale de New York. Maduro, très riche sera épaulé par des avocats prestigieux, contestera la légitimité de la procédure, dénoncera un procès politique, tentera de transformer le prétoire en tribune anti-impérialiste. Les USA, eux, mettront en avant leur lutte contre un «narco‑État» qui aurait inondé leur marché de cocaïne en lien avec des groupes armés colombiens et des réseaux criminels. Peu importe, à ce stade, que la vérité judiciaire soit totalement établie ou non: l’image du président vénézuélien dans la cage des accusés pèsera durablement plus que tous les discours télévisés. Pour une partie de l’Amérique latine et au‑delà, cette arrestation suscite un réel soulagement: celui de voir un dirigeant accusé de dérive autoritaire, de corruption massive et de collusion avec le narcotrafic répondre enfin devant un juge. Ce sentiment est compréhensible. Mais faut il s’arrêter là. Car l’épisode rappelle une vérité dérangeante: la souveraineté, dans le système international actuel, est devenue conditionnelle. Conditionnelle à la capacité de se défendre, de tisser des alliances efficaces, de ne pas franchir certaines lignes rouges fixées par d’autres. Conditionnelle, surtout, au récit que les puissants imposent au reste du monde. Le cas Maduro ne doit ni faire oublier la brutalité de son régime, ni masquer le précédent qu’il crée. Il a provoqué l'exil de plus de 8 millions de personnes. Qu’un président soupçonné de crimes graves soit jugé, beaucoup s’en féliciteront. Qu’une puissance s’arroge le droit unilatéral de l’enlever et de le juger chez elle, sans mandat international incontestable, devrait inquiéter même ses alliés. Ces outils, une fois créés, risquent de ne plus être confinés à un seul «ennemi». Ceux qui se rassurent aujourd’hui en pensant qu’ils ne seront jamais la cible de telles pratiques prennent le risque, demain, de découvrir à leurs dépens que, là aussi, le récit a changé. Ce fut la dernière nuit du Raiss Maduro...

Quand l’Algérie persiste à naviguer à contre-courant de l’histoire... 1047

Qu’est-ce qui a donc piqué le président algérien pour que, dans son dernier discours devant le Parlement, il choisisse de s’installer résolument à rebours du sens de l’histoire et des dynamiques internationales actuelles ? Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a, de facto, tranché la question du Sahara marocain en consacrant l’option d’une **autonomie sous souveraineté marocaine**, le chef de l’État algérien continue de ressasser les vieux éléments de langage : *« peuple sahraoui spolié », « référendum d’autodétermination »*, comme si le temps à Alger, s’était figé dans les années 1980. Dans son propos, le droit international est invoqué… puis ignoré. Le paradoxe, pour ne pas dire l’incohérence, est d’autant plus frappant que le président algérien invoque le **droit international**, tout en feignant d’ignorer que c’est précisément le Conseil de sécurité qui en est l’un des principaux interprètes et producteurs normatifs. Or, le droit a parlé. Les résolutions successives du Conseil de sécurité ont abandonné depuis longtemps toute référence à un référendum devenu impraticable, irréaliste et politiquement caduc. À sa place, une solution politique, pragmatique et durable a émergé : **l’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine**. Cette évolution n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le fruit d’un constat partagé au sein de la communauté internationale : le territoire du Sahara est historiquement, juridiquement et politiquement partie intégrante du Royaume du Maroc. Et pour tenir compte de la sensibilité algérienne, pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars depuis près d’un demi-siècle dans ce conflit artificiel, le Conseil de sécurité a, en quelque sorte, « coupé la poire en deux » en validant une large autonomie régionale, sans remettre en cause la souveraineté marocaine. On pensait alors donner une sortie honorable à Alger. Elle ne l'a pas saisie. Une Algérie isolée face à un réalignement global. En persistant dans cette posture, l’Algérie ne défie pas le Maroc : elle **nargue les grandes puissances**. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, plusieurs pays d’Europe centrale, de nombreux États africains et arabes ont clairement ou implicitement rallié la position marocaine. Certains l’assument ouvertement, d’autres, pour des raisons historiques, idéologiques ou de politique intérieure, avancent plus prudemment. C'est le cas de la Russie et de la Chine qui n'ont pas voté contre la dernière résolution du Conseil de sécurité. Mais tous agissent en conséquence : ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, accords économiques, investissements massifs, partenariats stratégiques avec Rabat. Pendant ce temps, l’Algérie s’enferme dans une **diplomatie de déni**, incapable de lire les rapports de force réels. À l’heure où le Maroc s’impose comme un hub africain, atlantique et euro-méditerranéen, Alger souffle sur les braises d’un conflit qui ne mobilise plus personne, sinon elle-même et quelques relais idéologiques résiduels ridicules. Un régime d'un autre temps, face à une population en souffrance, est aux commandes à Alger. Certains mots utilisés maladroitement par le président et sa mimique sont en fait des insultes adressés ouvertement à beaucoup de pays et non des moindres, à ceux qui soutiennent la position du Maroc. Plus inquiétant encore est le **décalage abyssal** entre ce discours idéologique et la réalité vécue par la population algérienne. Le régime militaire semble évoluer sur une autre planète. Le président paraît hors sol, déconnecté des préoccupations quotidiennes d’un peuple meurtri par des pénuries à répétition : denrées de première nécessité, médicaments, pneus, produits de base. Dans un pays pourtant riche en hydrocarbures ou la gestion économique et sociale frôle l’absurde et la manipulation des chiffres un sport national. La question se pose alors avec acuité : **à qui profite cette obstination chronique ?** Certainement pas aux Algériens. Elle sert avant tout à perpétuer un système politique qui a besoin d’un ennemi extérieur pour masquer ses échecs internes à répétition, justifier la mainmise de l’armée sur le pouvoir et détourner l’attention d’une crise structurelle profonde. Il faut coute que coute cacher la véritable Algérie; celle cernée sur le plan régional. les signaux à ce niveau sont tout aussi préoccupants. Accusée par plusieurs pays du Sahel de contribuer à leur déstabilisation, directement ou indirectement, l’Algérie se retrouve progressivement **encerclée diplomatiquement**. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne cachent plus leur défiance à l’égard d’Alger. A cela s'ajoute la rupture totale avec le Maroc, les relations avec l’Espagne durablement affectées. L’influence algérienne en Afrique recule, au moment même où le Royaume chérifien y consolide ses positions économiques, religieuses et sécuritaires. Quelles conséquences immédiates alors ? À moyen terme, ce positionnement risque d’avoir des conséquences lourdes : * **Isolement diplomatique accru**, * **Perte de crédibilité internationale**, * **Affaiblissement de la voix algérienne dans les forums multilatéraux**, * **Aggravation du malaise social interne**, * Et, paradoxalement, **renforcement de la légitimité de la position marocaine**. L’histoire montre que les conflits artificiels finissent toujours par se retourner contre ceux qui les instrumentalisent. En refusant d’accepter la réalité du dossier du Sahara, l’Algérie ne retarde pas la solution : elle retarde sa propre normalisation politique et régionale. Elle diffère aux calendes grecques sa sortie de crise et son développement. Le dossier du Sahara est désormais clos sur le plan stratégique, même s’il reste ouvert sur le plan rhétorique pour Alger. Continuer à s’y accrocher relève moins de la conviction que de l’aveu d’impuissance. À force de naviguer à contre-courant, le régime algérien risque de se retrouver seul, échoué sur les rives d’un passé révolu, pendant que la région avance sans lui. Une explication tout de même à cette sortie hasardeuse précipitée du président algérien: le grand succès de la Coupe d'Afrique des Nations de Football au Maroc. La réussite du Royaume et le satisfecit général, semble irriter le régime algérien qui ne trouve rien à répondre à ses ressortissants s'étant rendus sur place et ayant de visu constaté l'étendue, la maladresse et la bêtise de la propagande que leur fait subir le régime militaire. Certains n'hésitent pas à conclure que le Maroc avaient pris une avance de 50 ans sur leur pays. Quoi qu'il en soit, le Maroc officiel ne répondra certainement pas aux propos du président algérien. Le Royaume est dans son droit, consacré par la communauté internationale. Il poursuit son petit bonhomme de chemin se développant chaque jour un peu plus et engrangeant succès après succès.

L’Institutionnalisation de la Diplomatie Parallèle : L'Impératif d'une Offensive Structurelle 1009

Les percées diplomatiques récentes du Royaume ne sauraient être perçues comme un aboutissement statique ; elles marquent, bien au contraire, l’amorce d’une dynamique renouvelée, presque organique. Ce nouveau paradigme — que vient de consolider la toute dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en réaffirmant la prééminence de l'initiative d'autonomie — impose un basculement doctrinal immédiat. Il ne s'agit plus de gérer des acquis, mais d’orchestrer une stratégie proactive, une sorte de mouvement perpétuel visant à muer ces succès multilatéraux en une réalité politique dont l'irréversibilité ne fera plus débat. I. Briser l’Éparpillement : L’Appel aux Assises Nationales comme Pivot L'un des défis majeurs, et sans doute le plus complexe, réside dans la nécessaire rationalisation de nos vecteurs d’influence. Force est de constater que la parole marocaine à l'international a parfois souffert d'une forme de dispersion — des initiatives certes patriotiques, mais trop souvent déconnectées les unes des autres. C'est précisément là que le plaidoyer historique du Centre Marocain de la Diplomatie Parallèle et du Dialogue des Civilisations prend toute sa profondeur. Loin d'être une idée de circonstance, l'urgence de structurer ce champ d'action par des Assises Nationales est une vision que le Centre porte de longue date. Ces Assises ne doivent pas être un simple forum de discussion, mais l’acte fondateur d’une convergence réelle entre l’appareil régalien et les forces vives : Parlementaires, universitaires et acteurs de la société civile doivent désormais opérer en réseaux intégrés. C’est à ce prix, et seulement à celui-ci, que nous pourrons saturer l’espace politique mondial avec une clarté en phase avec les exigences onusiennes. II. La « Scientisation » du Plaidoyer : Armer le Verbe Pour que la diplomatie parallèle franchisse un palier de crédibilité, elle doit impérativement s’extraire du simple champ émotionnel pour s’ancrer dans une base conceptuelle inattaquable. Le plaidoyer moderne, surtout face aux enjeux soulevés à l'ONU, exige une rigueur quasi chirurgicale : • Une Ingénierie Académique : Il nous faut mobiliser des experts capables de produire une pensée complexe, propre à déconstruire les narratifs adverses au sein des think tanks les plus fermés. • L'Unification du Verbe : L’enjeu est de transformer une polyphonie de voix en une force de frappe cohérente. Chaque acteur, dans sa spécificité, doit devenir le rouage d'une argumentation techniquement irréprochable. • Le Cap Souverain : Chaque interaction, aussi informelle soit-elle, doit converger vers un but unique : la consécration de la souveraineté marocaine sur le Sahara, conformément à la lettre — et surtout à l’esprit — des résolutions du Conseil de sécurité. III. Perspective : Vers une Culture de la Performance L’alignement actuel de la communauté internationale nous offre une fenêtre de tir qui ne se représentera peut-être pas. En concrétisant enfin l'appel du Centre Marocain pour une institutionnalisation de cette diplomatie, le Maroc ne se contente pas de s'adapter ; il bâtit une architecture d'influence pérenne. Il s’agit, en définitive, de transformer chaque relais d’opinion en un ingénieur de l’influence, capable de porter la vision de Sa Majesté le Roi avec une autorité qui réconcilie, enfin, le droit international et la vérité du terrain.

La CAN, bouée de sauvetage pour un continent en crise : pourquoi quadriennale rime avec abandon... 1174

Passant d'un rendez-vous biennal à une compétition quadriennale dès 2026, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), joyau de la Confédération Africaine de Football (CAF), voit son calendrier dilué par les intérêts voraces des clubs européens et une FIFA complaisante. Ces acteurs, obsédés par la rentabilité immédiate, sacrifient la renaissance continentale, la réconciliation et l'unité panafricaine au profit d'un agenda mondialisé. Pendant un mois, la CAN offre un oubli bienvenu des fléaux qui minent l'Afrique : guerres civiles, famines, terrorisme et crises économiques et politiques récurrentes. Loin d'être un simple tournoi sportif, elle agit comme un catalyseur multidimensionnel, sportif évidemment, mais aussi économique, festif et thérapeutique pour un continent meurtri, en grande partie. C'est une véritable bouée de sauvetage pour des peuples en crise. Le football transcende le terrain pour devenir un exutoire vital et un liant social puissant. Il agit ici comme un antidote aux conflits et à la misère, au désarroi et à la perte d'espoir. Dans des pays en devenir, ravagées par la violence, les sélections nationales de football incarnent l'espoir et l'unité, transformant les stades en parenthèses de normalité. - Au **Soudan** : La guerre civile, éclipsée depuis avril 2023, a fait plus de 20 000 morts et 10 millions de déplacés, selon l'ONU. Et pourtant les Aiglons de la Mer Rouge, troisièmes du groupe E avec 3 points après deux matchs, portent fièrement les couleurs d'un championnat exilé, ravivant un sursaut collectif, allumant une lueur d'espoir. - Au **Burkina Faso** : Touché par une crise alimentaire aiguë affectant 3 millions de personnes et une insécurité jihadiste endémique, les Étalons, deuxièmes du groupe E avec 3 points, n'ont plié face à l'Algérie que sur un simple penalty. Leur qualification galvanise un peuple divisé, offrant un rare motif de fierté nationale et d'espérance. - Au **Mali** : 5 millions de citoyens sont impactés par la présence d'une mosaïque de groupes terroristes, par des insurrections et coups d'État à répétition, mais cela n'a pas empêché les Aiglons du Mali de tenir tête au Maroc hôte. Ils sont leaders ex aequo avec 4 points après deux journées. Le duel imposé au Maroc symbolise une résilience farouche et une fierté à toute épreuve. - En **République Démocratique du Congo (RDC)** : 8 millions de déplacés à l'est fuient les violences du M23 ; pourtant, les Léopards au groupe D, avec le Sénégal muent les stades en exutoires cathartiques, canalisant la colère en liesse collective. - Au **Zimbabwe** : 4,5 millions de personnes souffrent d'un recul sanitaire et économique chronique ; les Warriors, lanterne rouge du groupe B avec 1 point, ravivent néanmoins l'orgueil d'une jeunesse confrontée à un chômage massif. Plus de 80% chez les moins de 25 ans ne savent plus quoi faire de leurs vies. - Au **Mozambique** : 1,1 million de déplacés à Cabo Delgado fuient les jihadistes ; pourtant les Mambas célèbrent une victoire historique 3-2 sur le Gabon, puissance footballistique, défiant l'adversité. - Au **Nigeria** : au nord les États BAY : Borno, Adamawa, Yobe, ploie sous Boko Haram depuis 15 ans, avec des millions de déplacés. Les Super Eagles, en groupe C avec la Tunisie, arrivent pourtant à unir un pays fracturé par l'insécurité côtière et les divisions ethniques endémiques. Sur le terrain on oublie même que les USA viennent de bombarder les djihadistes accusés de malmener les chrétiens du pays. - Au **Cameroun** : La crise anglophone a déplacé 700 000 personnes ; les Lions Indomptables arrachent un nul 1-1 face au tenant du titre ivoirien en groupe F, offrant une parenthèse enchantée aux tensions persistantes. - En **Angola** : Héritage d'une guerre civile traumatique, le pays lutte pour sa stabilité ; les Palancas Negras se battent vaillamment en groupe B aux côtés de l'Égypte, symbolisant une reconstruction fragile et de l'optimisme. Ces exemples illustrent comment la CAN, par sa régularité biennale, agissait comme une soupape de sécurité sociale, interrompant les cycles de désespoir tous les deux ans. Au delà du jeu et du ballon qui glisse sur les pelouses, l'impact est également économique. La CAF a élargi les phases finales à 24 équipes sur 54 nations, tandis que les éliminatoires ont uni 30 autres pays autour de moments d'espoir partagé. La CAN 2025 au Maroc bat tous les records : 236 849 spectateurs en phase de groupes (contre 197 880 en 2023), avec plus d'1 million de billets déjà vendus. Les projections économiques explosent: 192,6 millions de dollars de revenus; en sponsoring quelques 126 M$ et en billetterie pas moins de 19 M$, tandis que 500 000 à 1 million de visiteurs étrangers devraient booster le PIB marocain de 12 milliards de dirhams via tourisme, hôtellerie et sponsoring local. Historiquement, la CAN 2023 en Côte d'Ivoire avait généré 2,2 milliards d'euros d'impact économique ; 2025 pourrait la surpasser, renforçant le soft power africain. La CAN est vue dans le monde entier. LA qualité à toute épreuve offerte par le Maroc y contribue pour beaucoup. Le monde entier découvre le continent sous un autre visage, celui du progrès et de la modernité. Hélas, ce ci est sans compter avec le diktat européen et une trahison de l'essence africaine. Les Africains, conscients de ces enjeux, ont toujours milité pour une CAN biennale, ancrée dans leur réalité, répondant à leurs besoins spécifiques. Comment justifier le passage quadriennal sinon comme un diktat européen ? Les clubs sont arrivés à imposer ce calendrier pour limiter les absences de leurs stars africaines à 28 jours par an, au lieu de 40 en année CAN, préservant leurs profits et intérêts mercantiles. La FIFA, sous le sourire d'Infantino, sacrifie ainsi l'urgence humanitaire africaine. Quatre ans d'attente, c'est une éternité pour des peuples en péril. Ce choix ignore les précédents et les véritables problèmes, comme la Champions League qui sature le calendrier sans égards pour les confédérations mineures. La CAF doit trancher : le football africain est un ciment social irremplaçable, une soupape vitale d'espoir en Afrique. Quadriennaliser la CAN, c'est diluer son âme panafricaine au profit d'intérêts étrangers. L'héritage d'une CAN tous les deux ans doit être préservé, pour que le ballon rond puisse continuer de guérir les blessures du continent. Le retour à un cycle de deux ans est un devoir humanitaire qu'on ne peut balayer aussi impunément. La CAN, espace éphémère de réconciliation africaine tous les deux ans, risque de s'effacer au prix de rêves brisés d'une jeunesse qui aspire à vivre comme les autres. La CAN n'est pas un tournoi comme les autres, loin de là.

Sahara Marocain, Maghreb et Sahel : le repositionnement subtil de la Russie entre intérêts, réalpolitik et nouveaux équilibres. 1161

Les signaux envoyés récemment par la Russie sur le dossier du Sahara Marocain ne relèvent ni du hasard ni d’un simple flottement diplomatique. Ils traduisent au contraire un repositionnement pragmatique, révélateur des recompositions géostratégiques profondes qui traversent le Maghreb et le Sahel, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l’affaiblissement relatif de l’Occident en Afrique et l’émergence de nouvelles logiques d’alliances. Pendant que les marocains sont occupés par la Coupe d'Afrique des Nations de football dont ils veulent offrir une édition exceptionnelle à leur continent, il se passe des choses fortement intéressantes pour l'avenir de la région. Le refus de Moscou d’autoriser la participation du Polisario, sous sa forme autoproclamée de « RASD », à la dernière réunion afro-russe constitue un acte politique fort, même s’il n’a pas été formalisé par une déclaration officielle tonitruante. Dans la grammaire diplomatique russe, ce type de décisions vaut message. En excluant une entité non reconnue par l’ONU et exclusivement dépendante de l’Algérie, la Russie confirme son attachement au cadre onusien et son refus de légitimer des constructions étatiques fragiles ou instrumentalisées. le Polisario n'a pas participé à la dernière réunion ministérielle du Forum Russie-Afrique au Caire les 19-20 décembre 2025. Moscou a explicitement exclu le Front Polisario et sa « RASD » autoproclamée, malgré les pressions de l'Algérie et de l'Afrique du Sud, réservant l'événement aux États souverains reconnus par l'ONU. ​Cette décision s'inscrit dans la ligne constante de la Russie, qui avait déjà écarté le Polisario des sommets précédents à Sotchi et Saint-Pétersbourg. Ce choix est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte où Moscou cherche à apparaître comme un acteur « responsable » aux yeux des pays africains, soucieux de stabilité et de souveraineté. L’abstention russe au Conseil de sécurité lors du dernier vote sur le Sahara marocain s’inscrit dans la même logique. Moscou ne soutient pas explicitement la position marocaine, mais ne s’oppose plus frontalement à l’évolution du dossier en faveur d’une solution politique réaliste. Cette posture traduit une neutralité active, qui permet à la Russie de préserver ses relations historiques et lucratives avec l’Algérie tout en évitant de contrarier un partenaire marocain devenu central dans plusieurs dossiers africains et méditerranéens. Dans la logique russe, il ne s’agit pas de choisir un camp, mais de maximiser les marges de manœuvre. Contrairement à une lecture idéologique héritée de la Guerre froide, la relation russo-marocaine repose aujourd’hui sur des intérêts économiques tangibles et croissants, notamment en agriculture et sécurité alimentaire avec les importations de céréales et exportations de produits agricoles marocains, en engrais et phosphates, en énergie, ainsi qu’en logistique et accès aux marchés africains. Le Maroc apparaît pour Moscou comme un hub africain crédible, un État stable disposant de réseaux économiques et diplomatiques étendus en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Dans un contexte où la Russie cherche à compenser son isolement occidental, Rabat offre une porte d’entrée pragmatique vers l’Afrique atlantique, loin des zones de chaos sahélien. L’Algérie demeure un allié stratégique historique de la Russie, notamment dans le domaine militaire, Alger consacrant chaque année plusieurs milliards de dollars à l’achat d’armements russes, ce qui en fait l’un des principaux clients de l’industrie de défense russe. Mais cette relation est aujourd’hui déséquilibrée : elle reste largement unidimensionnelle centrée sur l’armement, n’offre pas à Moscou de relais économiques ou logistiques comparables à ceux du Maroc en Afrique subsaharienne, et se trouve politiquement rigidifiée par une lecture idéologique figée du dossier saharien. De plus, l’Algérie n’a pas su capitaliser diplomatiquement sur son alignement russe pour devenir un acteur structurant crédible et solide au Sahel, contrairement à ce qu’elle ambitionnait. Dans le contexte sahélien actuel: effondrement étatique, coups d’État, terrorisme, présence de mercenaires et rivalités internationales, la Russie privilégie désormais les acteurs capables d’offrir des îlots de stabilité. Le Maroc, par sa politique africaine pragmatique, ses investissements, sa diplomatie religieuse et sécuritaire, apparaît comme un facteur d’équilibre, là où l’Algérie reste perçue comme un acteur de blocage sur certains dossiers régionaux. Les pays du Sahel n'hésitent même plus à dire ouvertement de l'Algérie qu'elle est la cause de leur malheur... La question du Sahara occidental, dans cette lecture, n’est plus un enjeu idéologique, mais un paramètre de stabilité régionale ; Moscou semble avoir intégré que la perpétuation du statu quo conflictuel sert davantage l’instabilité que ses propres intérêts stratégiques en Afrique. Contrairement à une idée répandue, la Russie ne raisonne plus en termes d’alliances « fraternelles » héritées du passé, mais en rapports coûts-bénéfices, l’époque du soutien automatique aux mouvements dits « révolutionnaires » étant révolue. La Russie est signataire avec le Maroc d'accords incluant le Sahara notamment en matière de pêche. Le dossier saharien illustre parfaitement cette mutation : pas de reconnaissance du Polisario, pas d’opposition frontale au Maroc, maintien du lien avec l’Algérie sans lui accorder un blanc-seing diplomatique. Bien au contraire elle la cantonne dans une dimension plutôt de petit poucet ne l'ayant pas du tout aidé à rejoindre les BRICS bien au contraire. Pour le président algérien l'adhésion était acquise. Il recevoir une véritable gifle et en Afrique du Sud s'il vous plait. Les BRICS refusèrent l'adhésion de son pays. Les récentes positions russes sur le Sahara occidental ne constituent pas une rupture spectaculaire, mais un tournant silencieux, à pas sûrs, révélateur d’un nouvel équilibre maghrébo-sahélien. Dans ce jeu à plusieurs niveaux, le Maroc consolide son statut d’acteur africain central et fiable, l’Algérie reste pour la Russie, un partenaire militaire important mais politiquement contraint. Soutenu par un pays affaibli et un régime à l'agonie, le Polisario s’enfonce dans une marginalisation diplomatique progressive. Il vit ses derniers instants. La Russie, fidèle à sa tradition de puissance réaliste, ajuste ses positions non pas en fonction des slogans, mais des dynamiques réelles du terrain, où la stabilité, l’intégration régionale, les intérêts économiques pérennes et solides et bien évidemment la crédibilité diplomatique valent désormais plus que les fidélités idéologiques du passé. Désormais il va falloir intégrer ce qu'est devenue la Russie qui n'est plus l'Union Soviétique. Alger en a telle la capacité intellectuelle.

Marocains et Algériens : frères d’histoire probablement, ennemis politiques certainement. 1198

La question de savoir si Marocains et Algériens sont des frères revient de manière récurrente, souvent chargée d’émotion, rarement traitée avec la profondeur historique et la lucidité politique qu’elle mérite. Le slogan cache une réalité complexe, faite d’unité anthropologique et civilisationnelle, mais aussi de ruptures successives, certaines anciennes, d’autres plus récentes, largement imposées par des dominations extérieures puis par des choix politiques post-indépendance. A l'origine l'unité humaine et civilisationnelle est indéniable. Au plan historique, anthropologique et culturel, il ne fait guère de doute que l'Afrique du nord a longtemps constitué **un même espace humain continu**. Les grandes confédérations amazighes: Sanhaja, Zenata, Masmouda, les apports islamiques, les réseaux de confréries religieuses, les routes commerciales et les dynasties marocaines: almoravide, almohade, mérinide, saadienne ont structuré un Maghreb **organique**, sans frontières rigides. Les appartenances étaient tribales, religieuses, spirituelles ou dynastiques. La circulation des hommes, des idées et des élites était constante. **Marocains et Algériens avaient clairement un même fond civilisationnel**. Puis il y eu la parenthèse ottomane et une première divergence structurelle. A partir du XVIᵉ siècle apparaît une **différenciation majeure** entre les rives occidentales du Maghreb. Alors que le Maroc demeure un État souverain, structuré autour d’une monarchie chérifienne enracinée, l’Algérie passe sous **domination ottomane**, intégrée comme régence périphérique de l’Empire; domination, qui dura près de trois siècles et ne fut pas neutre. Elle y introduisit : * un **pouvoir exogène**, militaire et urbain, coupé du monde tribal intérieur; * un système hiérarchisé dominé par une caste politico-militaire: janissaires, deys, beys, souvent d’origine non locale; * une organisation sociale marquée par une séparation nette entre gouvernants et gouvernés, sans véritable intégration politique des populations. Ce modèle ottoman, plus fondé sur la coercition que sur l’allégeance, contrastait profondément avec le modèle marocain, où le pouvoir central reposait sur la **bay‘a**, la légitimité religieuse, et une continuité dynastique autochtone. Sans “dénaturer” profondément les populations au sens biologique du terme, cette longue période ottomane a **modifié les rapports à l’État, à l’autorité et à la souveraineté**, et a contribué à éloigner progressivement, sur le plan culturel et politique, les sociétés de l’Ouest algérien et du Maroc. Vint alors la colonisation française et la séparation institutionnalisée. La colonisation française de l’Algérie (1830–1962) introduit une rupture bien plus profonde encore. Paris travaille méthodiquement à **arracher l’Algérie à son environnement maghrébin naturel**, la transformant en colonie de peuplement, puis en départements français. Les frontières sont redessinées unilatéralement bien au détriment du Maroc, et une identité algérienne est progressivement construite **en opposition à son voisin de l’Ouest**, présenté comme archaïque. Il s’agit là d’un héritage direct du logiciel colonial français. Pourtant, malgré cette entreprise de séparation, la fraternité entre les peuples résiste. Le Maroc accueille, soutient et arme les combattants du FLN; des milliers de Marocains participent à la guerre de libération; Feu SM Mohammed V engage le prestige et les ressources du royaume au service de l’indépendance algérienne. À ce moment précis, la fraternité n’est ni un mythe ni un discours: elle est **un fait historique concret**. A l’indépendance algérienne une rupture politique inattendue est assumée. C’est donc paradoxalement **après 1962**, une fois l’Algérie indépendante, que la fracture devient durable. Le pouvoir issu de l’armée des frontières revient sur les accords conclus avec le GPRA concernant les frontières héritées de la colonisation. La **guerre des Sables de 1963**, déclenchée contre un Maroc affaibli mais solidaire quelques mois plus tôt, constitue un traumatisme fondateur. Dès lors, l’hostilité devient structurelle: * Soutien directe à des opposants et putschistes marocains; * Appui politique, diplomatique, militaire et financier aux séparatistes du Polisario; * Campagnes médiatiques acharnées contre le Maroc et sa monarchie; * Ingérences répétées dans les choix souverains marocains, y compris ses alliances internationales, notamment avec Israël; * Accusations lourdes, souvent évoquées dans le débat public algérien, * Opérations de déstabilisation, dont l’attentat de l’hôtel Asni à Marrakech en 1994 ; * instrumentalisation de l’enseignement scolaire algérien, où le Maroc est présenté comme un État « colonialiste »; * Déportation brutale de 45 mille marocains hors d'Algérie; * Sabotage des tentatives de rapprochement, y compris sous la présidence de Mohamed Boudiaf, dont l’assassinat, alors qu’il amorçait un dialogue avec Rabat, demeure entouré de zones d’ombre. Plus récemment, l’affaire **Boualem Sansal**, emprisonné pour avoir exprimé des vérités historiques dérangeantes pour la narration officielle, illustre l’incapacité du régime algérien à accepter une lecture libre et apaisée de l’histoire maghrébine. Voilà donc deux trajectoires nationales irréconciliées. À cette hostilité politique s’ajoute une divergence profonde des trajectoires nationales. Le Maroc, sans être exempt de critiques, a engagé une transformation progressive: réformes institutionnelles, pluralisme, grands chantiers d’infrastructures, intégration africaine, diversification économique et diplomatique. À l’inverse, l’Algérie demeure enfermée dans un **système militaro-sécuritaire hérité à la fois de la logique ottomane et de la guerre de libération**, centralisé, méfiant envers la société, dépendant de la rente énergétique et structurellement hostile à toute réussite régionale perçue comme concurrente. Cette asymétrie nourrit frustration et ressentiment, où le Maroc devient un **adversaire idéologique utile, l'ennemi classique** Alors, frères ou non ? La réponse est nuancée, mais sans ambiguïté. **Marocains et Algériens sont des frères par l’histoire longue, la culture profonde, la géographie et les liens humains.** Ils l’ont été pendant des siècles, avant la domination ottomane, avant la colonisation française, et le restent peut être au niveau des peuples. Mais **ils ne le sont plus au niveau des États**, du fait d’un choix politique délibéré du régime algérien depuis l’indépendance: construire sa légitimité sur l’hostilité extérieure, en particulier envers le Maroc. La fraternité n’a pas disparu; elle a été **progressivement altérée, puis confisquée** par l’histoire impériale, coloniale et postcoloniale. Elle subsiste dans la mémoire populaire, dans les familles séparées, dans le silence douloureux des frontières fermées. L’histoire, elle, tranche sans passion ni idéologie, la 35ème CAN y contribue: **les peuples sont frères; le régime algérien en a décidé autrement**.

Mondial 2030 : Vers une loi-cadre de l’événementiel sportif au Maroc, ou l’art de transformer l’exceptionnel en legs durable 1089

L’attribution de la Coupe du Monde 2030 au bloc Maroc-Espagne-Portugal ne doit plus être lue comme une simple célébration du football mondial, mais comme un choc de souverainetés partagées. Pour la première fois, l'histoire ne se contente pas de relier deux rives ; elle impose la construction d'un espace juridique et économique intégré, défiant les frontières classiques de l'organisation événementielle. Ce projet ne se limite pas à une collaboration logistique éphémère ; il exige la naissance d'un véritable Laboratoire de la Modernité Institutionnelle. Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 50 milliards de dirhams, l’enjeu fondamental réside dans la capacité du Royaume à ériger un cadre normatif d'exception. Il ne s'agit plus seulement d'accueillir, mais d'anticiper : comment transformer l’impératif de la convergence en un héritage législatif durable? Entre l'influence structurante des standards internationaux et la nécessité d'un ancrage eurafricain affirmé, le Maroc est au pied d'un mur fertile : celui de l'invention d'un droit de l'événementiel qui, à l'instar des mutations opérées pour les JO de Paris 2024, fera de 2030 le socle d'un nouveau modèle de développement global. I. La Loi-Cadre : Dépasser la gestion pour l'exécution accélérée L'annonce de cette candidature tripartite a propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique. Le cadre actuel, dominé par la Loi 30-09, ne saurait supporter seul le poids d'un événement qui prévoit d'accueillir plus de 1,5 million de supporters. 1. Le miroir français : Pour les JO de Paris 2024, la France a adopté une loi d'exception dès 2018 pour réduire de 25 % les délais de recours administratifs sur les chantiers olympiques. 2. L’Impératif de la Convergence : L'échéance du Mondial agit comme un puissant levier, forçant l'accélération des processus de convergence réglementaire et douanière entre les trois capitales. 3. Un Droit de l'Exception : Le Royaume doit instaurer un régime dérogatoire pour ses zones de chantiers stratégiques, transformant la contrainte administrative en fluidité opérationnelle. II. La Doctrine du « Legs » : L'Ingénierie Juridique contre les "Éléphants Blancs" L’efficacité globale de l’opération, de la phase pré-événementielle au legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l’engagement triangulaire. 1. Mutualisation et Interopérabilité : Les accords trilatéraux influencent directement la planification : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, ferroviaires) pensés pour l'interopérabilité. 2. Le modèle de la SOLIDEO : À l'instar de la structure française, le Maroc doit garantir une transformation des infrastructures menée dans un esprit d'alignement normatif pour assurer leur utilité sociale future. 3. L'optimisation des retombées : L’harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. III. Souveraineté et Cybersécurité : Le nouveau champ de bataille numérique Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. 1. Espace Sécuritaire Unifié : La création d'un espace sécuritaire unifié exige le partage d'informations en temps réel et la coordination des forces de l'ordre entre les trois nations. 2. Le Défi de la Mobilité Transcontinentale : L’acheminement des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements massifs dans les capacités aéroportuaires. 3. Souveraineté et Image : Le défi est de présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle tout en protégeant les systèmes contre les cybermenaces croissantes. Vers un nouveau standard de puissance La Coupe du Monde 2030 n’est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c’est un projet de co-développement stratégique. En ancrant l'exceptionnel dans la durabilité juridique, le Maroc a l'opportunité de transformer cette candidature en un précédent historique d'intégration réussie entre deux rives.

Un Triptyque Historique : Comment le Maroc, l'Espagne et le Portugal Forgent le Succès de la Coupe du Monde 2030 1207

L'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 au trio inédit formé par le Maroc, le Portugal et l'Espagne marque l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire des relations internationales et sportives. L'organisation conjointe de cet évènement consacre une dynamique sans pareil, engageant les trois nations dans une coopération triangulaire dont l'efficacité sera le marqueur décisif du succès de cet événement planétaire. Ce partenariat trilatéral transcende la simple collaboration logistique pour devenir un véritable levier de développement stratégique. La question n'est plus de savoir si les relations bilatérales sont prêtes, mais comment leur intégration en un cadre trilatéral renforcé garantira la réussite d'un méga-événement appelé à relier, pour la première fois, deux continents par le biais du sport. Les liens historiques et la proximité géographique confèrent aux relations entre ces trois partenaires un terreau propice à une intensification remarquable. L'annonce de leur candidature tripartite a, de fait, propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique I. Les Fondations Politiques et Économiques de la Coopération Renforcée L'alignement autour du projet 2030 n'est pas fortuit ; il s'ancre dans des considérations politiques et économiques profondes qui mutualisent les intérêts des trois pays. •⁠ ⁠L'Impératif de la Convergence ne souffre aucune ambivalence : l'Espagne et le Portugal, tout en s'inscrivant dans le cadre structurel de l'Union européenne, reconnaissent au Maroc le statut de partenaire stratégique incontournable, véritable porte d'entrée et pivot vers le continent africain. Cette dynamique n'est pas unilatérale ; le Royaume consolide, par cette même alliance, son ancrage eurafricain avec une netteté accrue. L'échéance du Mondial, loin d'être une simple contrainte calendaire, agit comme un puissant levier, forçant l'accélération — jugée souvent trop lente — des processus de convergence réglementaire, douanière et sécuritaire entre les trois capitales. Surtout, la volonté politique affichée au sommet — symbolisée par le suivi direct de Sa Majesté le Roi Mohammed VI des engagements marocains — s'érige en catalyseur décisif, garantissant l'établissement d'une ligne directrice unifiée et pérenne, même face aux contingences et aux fluctuations des majorités au sein des échiquiers politiques des États alliés. •⁠ ⁠La Mutualisation des Investissements et des Retombées : Sur le plan économique, le Mondial représente une opportunité sans précédent de dynamiser le commerce et l'investissement. Les accords trilatéraux influencent directement la planification des grands travaux : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, potentielles liaisons ferroviaires à grande vitesse) pensés pour l'interopérabilité. L'harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les sponsors et les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. La réussite de la coordination dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires ne sera pas qu'un simple indicateur de performance ; elle sera le symbole d'une capacité collective à gérer un événement complexe à l'échelle transcontinentale. II. Gérer les Complexités : Les Défis du Codéveloppement Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre naturellement des frictions et des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. •⁠ ⁠Le Défi de la Sécurité Globale et du Transport Intégré : Le premier obstacle est la création d'un espace sécuritaire unifié pour les millions de supporters en mouvement. Cela exige le partage d'informations en temps réel, la coordination des forces de l'ordre et l'harmonisation des protocoles d'urgence. Parallèlement, le système de transport doit être pensé comme un réseau unique. L'acheminement des équipes et des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements ciblés dans les capacité d'accueil aéroportuaires et les dessertes maritimes. •⁠ ⁠Le Vecteur Culturel et Civilisationnel : Au-delà du sport, le Mondial est une plateforme diplomatique. Le défi secondaire, mais fondamental, est de dépasser la simple organisation technique pour présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle. Le Maroc, l'Espagne et le Portugal doivent investir dans la promotion de leurs patrimoines croisés, consolidant les valeurs de paix et de respect mutuel. Cela implique la qualification des institutions nationales non seulement en logistique, mais aussi dans la gestion des publics et l'interaction médiatique mondiale, afin d'éviter les pièges d'une couverture fragmentée ou sensationnaliste. III. L'Influence Structurante des Accords Bilatéraux sur la Logistique L'influence des accords existants entre les trois pays est vitale pour le développement des infrastructures. L'étape actuelle est caractérisée par une forte attente des secteurs privés et des observateurs sportifs, qui guettent l'accélération concrète des chantiers. L'efficacité globale de l'opération, que l'on considère la phase pré-événementielle, l'exécution pendant le tournoi ou le legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l'engagement triangulaire. La transformation des infrastructures, des stades aux centres de formation et aux zones d'accueil, doit être menée dans un esprit d'alignement normatif. En conclusion, la Coupe du Monde 2030 n'est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c'est un projet de co-développement stratégique. Les relations historiques et solides unissant le Royaume du Maroc, le Portugal et l'Espagne, amplifiées par une volonté politique constante et de haut niveau, constituent l'élément décisif pour transformer cette candidature en un succès retentissant, offrant au monde un précédent d'intégration réussie entre deux rives.

Puissance africaine naissante ou occasion perdue : Lomé 2025 entre pivot historique et naufrage stratégique... 1365

À Lomé, du 8 au 12 décembre 2025, le 9ᵉ Congrès panafricain a transcendé les rituels commémoratifs habituels pour devenir un QG stratégique. Du moins il l'aura tenté. Gouvernements, intellectuels, patrons d’entreprises, diasporas et activistes ont martelé un diagnostic impitoyable: dans un monde fracturé par les guerres hybrides, les chaînes d’approvisionnement rompus et les empires en déclin ou en quête de repositionnement, l’Afrique ne peut plus se contenter de survivre. Elle doit imposer une doctrine de puissance collective, ou périr comme terrain de jeu des géants. Fini le panafricanisme de discours lyriques et les joutes idéologiques. On est passé du symbole au glaive avec un panafricanisme en arme géopolitique. À Lomé, Faure Gnassingbé, président togolais et hôte, a d'emblée planté le décor: l’unité africaine n’est plus une utopie morale, mais un bouclier contre les prédateurs. Face à la Chine qui verrouille les mines de cobalt, la Russie et les problèmes sahéliennes, les États-Unis qui dictent des normes plutôt floues, l’Afrique choisit la rupture. Gnassingbé l’a dit cash : sans coordination, le continent reste une proie ; avec elle, il devient un pivot. Les débats ont disséqué la fragmentation se penchant sur les crises au Sahel, les tensions au Soudan, la piraterie en Somalie. L’alternative est binaire: vassalisation ou souveraineté collective. Lomé pose donc les bases d’une alliance défensive, inspirée possiblement des BRICS, pour contrer les ingérences gourmandes. On ne s'est point gêné de statuer que le multilatéralisme s'effritait en lambeaux. l’Afrique, du moins dans le discours, part ainsi à l’assaut des forteresses. Les ministres ont sonné l’alarme: l’ONU, le FMI, l’OMC sous-représentent l’Afrique, véritable bastion démographique qui pèsera 2,5 milliards d’habitants en 2050 et sanctuaire énergétique incontournable avec son soleil, son lithium et son hydrogène vert. Le continent se pose la question fondamentale du pourquoi céder les rênes à des institutions figées dans l’après-1945 ? Ainsi à Lomé le Congrès s'est forcé à tracer une feuille de route offensive avec des idées on ne peut plus claires: - ** Une coordination diplomatique** et un front uni à l’ONU pour bloquer les résolutions biaisées. - **La nécessité de réformes institutionnelles** en exigeant deux sièges permanents au Conseil de sécurité et un droit de véto. - ** Une parole souveraine** par l'alignement des votes régionaux notamment à l'UA et à la CEDEAO, sur des intérêts communs et pas sur des caprices nationaux ou des visées idéologiques d'un autre temps. L’enjeu est donc de redéfinir les règles du jeu. L'Afrique ne se contente plus de strapontins. Elle veut peser sur le commerce mondial, les sanctions et les normes climatiques, où elle paie l’addition sans en tirer profit. **La diasporas arme secrète d’une géopolitique afro-globale**, de Bogotá à São Paulo, a volé la vedette à Lomé. Francia Márquez, vice-présidente colombienne, a rappelé les 200 millions d’Afro-descendants en Amérique : une profondeur stratégique ignorée. L'alliances Sud-Sud, les réparations comme arme diplomatique vis à vis de l’Europe post-coloniale, les flux de capitaux via la diaspora US sont autant d'atout et de pistes pour un changement radical de posture. Lomé élargit ainsi le panafricanisme à la diaspora comme lobby à Washington et Bruxelles, vecteur de tech (IA, fintech) et de soft power culturel. Face à la Belt and Road chinoise, c’est un contre-réseau transnational africain qui se dessine. Les précongrès régionaux avaient déjà proposé un plan d'action clair et concret : - **Indépendance technologique** : Maîtriser l'intelligence artificielle (IA) et l'informatique quantique pour mettre fin à la domination des pays occidentaux. - **Élites panafricaines** en réformer l'éducation pour former des leaders et des stratèges africains, et non des personnes qui fuient le continent. - **Migration contrôlée** : en mettant en place une politique commune à tout le continent pour transformer les mouvements de population en atout démographique, au lieu de subir les barrières imposées par l'Europe. - **Mémoire active** : en reliant l'esclavage et le colonialisme à des demandes économiques concrètes, comme l'annulation des dettes injustes et le paiement de redevances sur les ressources minières. - En fait des **Axes de puissance pour 2030 fondés sur la technologie, l'éducation, et la migration** L'Afrique passe de la réaction à la projection et anticipe un monde multipolaire où l’Afrique rivalise avec l’Inde ou l’ASEAN. Mais comme à chaque fois en Afrique, il reste légitime de se poser la question fondamentale: **Lomé, pivot ou mirage ?** L'espoir est que ce congrès ne soit pas un feu de paille mais plutôt une esquisse, une doctrine pour une puissance par l’unité, par l'influence et par la coordination. Le diable est dans l’exécution. Les rivalités internes et régionales, les tentations bellicistes continueront elles à diviser? Le Grand Maghreb pour ce qui nous concerne en connait un chapitre depuis 50 ans. Lomé 2025 impose un ultimatum : stratégie partagée ou irrelevance éternelle ?L’Afrique, pôle émergent ou pion sacrifié ? La réponse se joue maintenant et concerne davantage les générations africaines en devenir... Elles ne pardonneront jamais nos erreurs actuelles et nos divisions imbéciles...

La CAN 2025 face à la FIFA : l’Afrique doit-elle toujours se contenter du rôle secondaire ? 1366

À quelques jours seulement du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, une décision de la FIFA ravive un vieux débat : celui de la considération réelle accordée aux compétitions africaines dans l’architecture du football mondial. En réduisant **à cinq jours seulement** le délai obligatoire de mise à disposition des joueurs africains par les clubs européens, l’instance dirigeante du football mondial semble encore une fois pencher en faveur de ces mêmes clubs… au détriment des équipes nationales africaines. Cette mesure, à première vue technique, en dit long sur la hiérarchisation implicite du football mondial et sur la place que la FIFA continue de réserver en vrai au continent africain. Comment préparer sérieusement une compétition comme la CAN dans un délai dérisoire, une compétition majeure, un événement phare du football africain, suivie par des centaines de millions de téléspectateurs, moteur économique, social et politique majeur dans la région avec seulement **cinq jours de rassemblement** ? Aucune équipe au monde, dans aucun continent, ne peut construire une cohésion tactique, assimiler des schémas de jeu, soigner des automatismes ou même récupérer physiquement dans un laps de temps aussi réduit. Il est alors légitime de s’interroger : * Est-ce une mesure rationnelle ? * Ou une décision qui banalise la CAN, comme si cette compétition ne méritait ni respect ni conditions optimales ? * Ou encre, s'agirait il d'une discrimination structurelle envers l’Afrique ? Mais la question fondamentale reste la même. Elle n’est pas nouvelle : **le football mondial est-il véritablement égalitaire ?** La décision concernant la mise à disposition des joueurs n’est que la partie visible d’un système plus vaste, où les **compétitions et les équipes africaines sont structurellement désavantagées**. Prenons l’exemple des classements FIFA, qui déterminent la composition des chapeaux lors des tirages au sort des grandes compétitions. Le calcul des points dépend du niveau des adversaires rencontrés. Or une équipe qui joue principalement en Afrique affrontera mécaniquement des équipes moins bien classées, donc récoltera **moins de points**, même en cas de victoire. À l’inverse, une sélection européenne, avec des adversaires mieux classés, engrange davantage de points, même avec des résultats similaires. Ainsi, ce système entretient un **cercle fermé** : les mieux classés restent mieux classés, les moins bien classés restent condamnés au bas du tableau. Où est alors la méritocratie annoncée ? Le classement dicte donc ouvertement le parcours d’une Coupe du monde**. La récente décision de garantir que les **quatre meilleures équipes mondiales** ne se rencontrent pas avant les demi-finales de la Coupe du monde 2026 est un tournant majeur. Cela signifie que le classement, déjà biaisé, joue désormais un rôle déterminant dans la structure même de la compétition. On a même vu le maitre de cérémonie du tirage au sort, sans doute relié par oreillette à un décideur, décider de placer des équipes dans des groupes sans même expliquer le pourquoi de la chose... On protège donc ouvertement les géants et on enferme les autres dans un destin calculé. C'est une logique de préservation des puissants, typique d’un système où le sport, en apparence universel, se plie aux impératifs économiques et médiatiques des grands marchés. Se pose alors la question de savoir si **FIFA est une institution financée… par ceux qu’elle marginalise** car un paradoxe saute ici aux yeux : * **Les États**, surtout dans les pays en développement, sont les premiers investisseurs du football : infrastructures, académies, stades, subventions, compétitions. La CAN est une affaire de ces Etats. * **Le football de sélection**, notamment la Coupe du monde entre nations, est le produit le plus lucratif de la FIFA. * L’émotion, l’histoire, le prestige du football viennent très largement des **nations**, non des clubs. Et pourtant, ce sont les **clubs européens, entités privées ou associations** qui semblent dicter les conditions. Les fédérations africaines, pourtant contributrices essentielles du vivier mondial: en joueurs, en talents, en audiences et en marchés émergents, voient leur marge de manœuvre bien réduite. **L’Afrique est très appréciée en fournisseur de talents, mais pas comme acteur décisionnaire ?** Cette situation rappelle un schéma bien connu du continent : Produire la matière première, mais laisser la valeur ajoutée ailleurs. Dans le football comme dans l’économie mondiale, l’Afrique forme, fournit, alimente, mais se retrouve souvent spectatrice quand il s’agit de gouvernance, de recettes, d'intérêts ou d’influence. La CAN, au lieu d’être considérée comme un pilier stratégique du calendrier mondial, est traitée comme une complication logistique alors même qu'**Une compétition continentale ne peut progresser si elle est constamment reléguée au second plan.** Le football ne peut progresser dans certaines contrées que grâce aux compétitions régionales et continentales. Celles ci constituent des objectifs pour la majorité des équipes et sont l'unique possibilité de visibilité pour certaines nations. C'est encore une fois l'occasion de se demander si **Le football mondial est vraiment démocratisé ?** La FIFA se présente comme une maison commune, garante de l’équité, de la solidarité et du développement. En théorie, oui. En pratique, la balance est lourde d’un côté. Les décisions récentes montrent une organisation soucieuse de préserver les intérêts immédiats des puissances économiques du football, principalement situées en Europe, au détriment de l’équité sportive. Alors, faut-il continuer à faire semblant ? L’Afrique doit-elle se contenter d’applaudir, de se taire, et de fournir ses joueurs, comme on fournit un produit au marché global ? Le moment n'est il pas venu pour **une affirmation africaine** La CAN 2025, organisée au Maroc, avec tous les efforts déployés et les moyens mis en place peut devenir un moment charnière. Les peines que s'est données le Maroc mérite respect. Il démontre que le continent a les moyens en infrastructures modernes, en audiences massives et en talents reconnus mondialement, il ne lui manque ni passion ni compétences mais plutôt de la **reconnaissance** et du**poids dans les décisions**. Il est temps que FIFA traite les compétitions africaines avec le respect qu’elles méritent. Non par charité ou par discours, mais par justice, par cohérence et parce que le football mondial ne peut continuer à ignorer un continent qui en est l’un des principaux moteurs humains et culturels. L'Afrique est sans doute fière de faire partie de FIFA mais le strapontin ne lui sied plus. Les africains eux ne supportent plus le mépris.

Mondial 2026 : risque d’un tournoi réservé aux plus riches ? Une inflation sans précédent. 1426

La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’annonce comme un événement hors normes : un format élargi à 48 équipes, 104 matchs, des installations de pointe et une couverture médiatique estimée comme la plus massive de l’histoire du sport. Mais à mesure que les premières informations sur la billetterie et les coûts logistiques se dévoilent, une inquiétude grandit parmi les passionnés : **le Mondial nord-américain pourrait devenir la Coupe du monde la plus chère jamais organisée**, au point de remettre en cause l’accessibilité même de l’événement. Au cœur de cette inquiétude figure le modèle américain du *dynamic pricing*, un système où les prix ne sont jamais fixes. Ils évoluent en fonction de la demande, du volume de requêtes en ligne, de la réputation de l'affiche, et même de paramètres algorithmiques sur lesquels le consommateur n’a aucune prise. Ainsi, une chambre d'hôtel vendue normalement à environ 200 USD ne sera pas proposée à moins de 500, voire 600 USD, et probablement davantage pour les retardataires. Ce mécanisme, courant dans le sport professionnel américain, pourrait transformer l’achat de billets pour le Mondial en une course effrénée, voire injuste. Certains tickets pour la finale sont déjà annoncés entre 5 000 et 20 000 dollars, un niveau totalement inédit. Les billets des matchs de poules pourraient connaître des fluctuations quotidiennes, rendant quasi impossible toute projection financière pour les fans étrangers. Les supporters américains, déjà habitués à des prix très élevés en NBA, NFL ou MLB, semblent mieux armés pour naviguer dans ce système. En revanche, pour le fan marocain, brésilien, sénégalais, égyptien ou indonésien, ce modèle représente un obstacle presque infranchissable. À ce tableau déjà ombragé s’ajoute la question de la plateforme officielle de revente.**FIFA Official Ticket Resale Platform**. Dans l’idéal, elle permet d’éviter le marché noir et de sécuriser les transactions. Mais dans un marché dominé par la logique spéculative, elle pourrait devenir le nouveau terrain de jeu d’acteurs cherchant à maximiser leurs profits, d'autant plus que FIFA prend une commission au passage. FIFA n’a pas encore communiqué sur les garde-fous qu’elle compte mettre en place. Sans régulation stricte, la revente pourrait amplifier la volatilité des prix, surtout pour les matchs les plus prisés : phases finales, rencontres impliquant des équipes à forte diaspora, ainsi que le match d’ouverture et la finale. L’un des éléments les plus déconcertants de ce Mondial est la vente anticipée de billets sans affectation précise. Aux USA, sur les **6 millions de billets prévus**, près de **2 millions ont déjà trouvé preneur**, alors que leurs détenteurs ne savent pas encore pour quels matchs ils ont payé. Cela reflète plusieurs dynamiques : - Une confiance totale du public américain dans l’organisation de l’événement ; - Le pouvoir d’achat élevé d’un public prêt à investir massivement dans des expériences sportives ; - Une asymétrie structurelle entre supporters américains et fans internationaux, ces derniers étant contraints d’attendre les affectations pour planifier voyages et budgets. Cette situation alimente la crainte que les stades soient massivement occupés par des spectateurs locaux, au détriment des supporters venant soutenir leurs équipes depuis l’étranger. Les USA comptent parmi les marchés hôteliers les plus chers du monde, et les villes retenues ne dérogent pas à la règle : **New York, Los Angeles, Miami, Seattle, Dallas** ou encore **San Francisco** figurent régulièrement en tête des classements des destinations les plus coûteuses. Une véritable inflation est attendue dans tout le secteur hôtelier. Lors d’événements sportifs d’envergure, les prix des chambres peuvent doubler ou tripler. Pour une Coupe du monde étalée sur plus d’un mois, les projections sont encore plus alarmantes : certains opérateurs évoquent déjà des tarifs « jamais vus ». Les fans devront anticiper : - des hausses massives des prix des hôtels ; - une saturation prévisible des logements alternatifs ; - des coûts de transport interne très élevés, puisque les distances entre villes hôtes exigent souvent le recours à l’avion. L’ensemble de ces paramètres pose une question centrale : **à qui s’adressera réellement la Coupe du monde 2026 ?** Les 250 millions de licenciés du football dans le monde se sentiront quelque peu frustrés. Leur sport leur échappe. Le modèle nord-américain, dominé par les logiques commerciales et les mécanismes spéculatifs, semble incompatible avec la tradition du football en tant que sport populaire. On pourrait assister à l’émergence d’un Mondial à deux vitesses : - **Une Coupe du monde premium**, largement fréquentée par le public nord-américain et les supporters les plus aisés ; - **Une Coupe du monde à distance** pour des millions de fans internationaux qui devront se contenter des retransmissions télévisées, faute de moyens suffisants pour se rendre sur place. Pour les supporters venant de pays où le revenu médian est largement inférieur à celui des États-Unis, qu’il s’agisse de nations africaines, latino-américaines, asiatiques ou même européennes, l’expérience pourrait devenir inaccessible. La FIFA est visiblement face à un dilemme stratégique. Elle devra tôt ou tard répondre à cette problématique. Certes, le choix des États-Unis garantit des infrastructures de haut niveau, des recettes record, un marché publicitaire colossal et une organisation logistique d’une fiabilité rare. Mais cette logique financière pourrait entrer en contradiction directe avec la mission sociale et symbolique du football : **rassembler, fédérer, inclure**. Si le Mondial 2026 se transforme en événement élitiste, il risque de laisser une trace négative durable dans l’opinion publique. Le football moderne, déjà critiqué pour sa dérive commerciale, pourrait faire face à une contestation accrue venant des fans, ces mêmes fans qui font vivre ce sport, d'autant plus que les revenus de la FIFA vont passer de 7,5 à 13 milliards USD. Le Mondial est ainsi sous tension. En 2026, il sera sans doute spectaculaire sur le plan sportif et organisationnel. Mais il pourrait aussi devenir un tournant dans l'histoire de la Coupe du monde : celui où l’événement cesse d’être un rendez-vous populaire et accessible pour se transformer en produit premium destiné à un public privilégié. Entre inflation des billets, explosion des prix hôteliers, distances logistiques et modèle économique américain, **le risque est réel de voir cette édition entrer dans l’histoire comme la plus exclusive, la plus chère et la moins accessible**. La FIFA, les organisateurs et les villes hôtes devront trouver les moyens d’atténuer cette dynamique pour ne pas sacrifier l’essence même du football : un sport universel, qui appartient à tous. La proximité de Gianni Infantino avec Donald Trump, voire l'amitié qui lie les deux hommes, pourra-t-elle aider en quelque chose ?

Guterres snobe Attaf à Luanda : l’ONU rompt avec l’impolitesse algérienne sur le Sahara 1547

Lors du sommet Afrique-Europe tenu à Luanda, un incident filmé et diffusé, avec en scène, António Guterres, Secrétaire Général de l’ONU, et Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, a mis en lumière de manière spectaculaire une tension diplomatique profonde. Une vidéo montrant ce moment est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant un vif débat et plein de moqueries. Le geste brusque de Guterres, qui a adressé un salut formel et froid avant de tourner précipitamment le dos à Attaf, alors que ce dernier tentait désespérément d’échanger avec lui, dépasse la simple maladresse protocolaire. Le geste est parfaitement volontaire. Il symbolise de façon frappante une relation conflictuelle, chargée d'agacement entre l’ONU et l’Algérie, le Secrétaire Général affichant ainsi une posture claire de l’institution; on ne peut plus officielle. À un niveau diplomatique aussi élevé, les gestes ne sont jamais anodins ni improvisés. Guterres, en fin de mandat, n’a plus de temps ni de patience pour tolérer certains comportements, y compris ceux d’un ministre des Affaires étrangères d'un pays à l'insistance harcelante, éreintante, assommante. Politiquement, ce refus de l’échange public ne peut s’interpréter comme un simple accident ou hasard. Il s’agit d’une manifestation explicite d’exaspération face à la posture adoptée par l’Algérie. Il montre aussi que le Ministre n'a sans doute pas réussi à avoir une entrevue avec le Secrétaire Général. Le contexte est lourd : la question du Sahara marocain anime une dynamique tendue par une Algérie poursuivant une stratégie offensive et systématique de contestation des rapports et résolutions onusiens, accusant l’ONU de partialité. Alger adopte un discours de soi-disant neutralité, qui masque maladroitement la réalité. C'est elle qui entretient le conflit et l'alimente depuis qu'elle l'a engendré avec la Libye de Kadhafi voilà un demi-siècle déjà. Et ça tout le monde le sait... Le pouvoir algérien ne cesse de critiquer l’ONU dans ses médias officiels, usant fréquemment d’invectives parfois surprenantes en diplomatie. Aucun des pays, ayant reconnu la marocanité du Sahara ex espagnol, ni leurs dirigeants, de Donald Trump à Pedro Sánchez, en passant par Emmanuel Macron jusqu’au Cheikh Mohammed ben Zayed, n’a échappé à ces attaques acerbes et aux insultes des médias officiels et acolytes d'Alger. Israël et le sionisme aussi y sont mêlés, comme par magie. Tout est bon pour faire bomber le torse au vaillant peuple algérien, auquel on fait croire à son rôle de gardien du temple de la liberté et de la démocratie, en attendant qu'arrivent sur les étals: huile, semoule, lentilles et haricots. Une telle débauche d’impolitesse politique est inédite au niveau international. Le discours de Amar Bendjama, représentant de l'Algérie, après le vote de la résolution 2797 était dans ce texte, particulièrement révélateur, mêlant mimique dédaigneuse et propos irrespectueux envers le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce climat de tensions répétitives a engendré un véritable blocage diplomatique pour Alger, cherchant désespérément à influencer les mécanismes des Nations Unies par des pressions publiques répétées, en rupture avec les usages traditionnels de la diplomatie. Alger s'est faite avoir à son propre jeu. Le geste de Guterres peut être lu comme un signal politique fort, un rejet tacite d’une posture jugée déstabilisante et contre-productive, d'Alger. Par ce geste, le Secrétaire Général envoie un message clair au ministre algérien : « ça suffit ». Gageons qu'il n'en tiendra pas compte. L'entêtement est génétique en Algérie. Mais jusqu'à quand peut on se questionner. Cet épisode s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, où les divisions autour de questions clés affaiblissent la capacité de l’ONU à jouer son rôle d’arbitre crédible. Pour une fois que le Conseil de Sécurité arrive à voter à la quasi unanimité un texte sur un conflit qui n'a que trop durer, il est difficile d'accepter encore les tribulations d'un pays dont les agissements coutent cher à toute une région depuis trop longtemps. L’Algérie, quasi-exclusive défenseure internationale de ce qu’elle appelle « le peuple sahraoui », entité contestée hors de son propre lexique, se retrouve de plus en plus isolée sur la scène mondiale. L’image d’un ministre algérien ignoré dans un sommet d’une telle envergure illustre bien l’affaiblissement du poids politique d’Alger dans ces enceintes multilatérales. Pendant ce temps, le Maroc renforce son influence diplomatique à la fois régionale et globale. Enfin, ce geste dépasse la seule dimension individuelle : il traduit une rupture symbolique dans les relations entre Alger et l’ONU, exacerbée par la récente résolution onusienne mentionnant clairement les quatre parties au différend du Sahara marocain. Après un effort d’Alger pour minimiser et déformer cette résolution, sa réaction souvent véhémente ainsi que ses critiques publiques ont fini par irriter certains hauts responsables onusiens, ce qui explique en partie la brusquerie de Guterres. Alger n'a plus aucun choix sinon que celui de s'assoir à la table des négociations. Son nom est explicitement cité aux cotés de son rejeton le polisario, de la Mauritanie et du Maroc. A l'ordre du jour une seule solution, celle de l'autonomie sous souveraineté marocaine. Difficile à digérer pour Alger qui même à l'occasion du sommet du G20, n'est point arrivé à piper mot sur le Sahara Marocain. Pourtant le sommet se tenait en Afrique du Sud, véritable soutien d'Alger pour encore quelques temps. Au-delà de ce seul incident, cet épisode rappelle les limites de la diplomatie informelle dans les grands forums internationaux, où l’insistance hors protocole d’un acteur jugé agressif se heurte à la nécessité d’équilibre et de rigueur des interactions. Par ce geste, Guterres lance non seulement un avertissement diplomatique, mais également un rejet politique clair, témoignant de l’irritation croissante autour du dossier du Sahara Marocain, d’autant plus que les grandes puissances ont décidé publiquement de mettre fin à ce qu’elles considèrent comme un caprice algérien. Pendant longtemps elles ont tolérés les agissements hors sol des gouvernants algériens sans doute dans l'attente d'une prise de conscience de ces derniers, de leur bêtise. Ils se sont montrés incapables de raison malgré les appels répétés à la réconciliation du Souverain Marocain. Les enjeux géopolitiques en Méditerranée et en Afrique sont trop importants pour que la communauté internationale continue à tolérer les agissements d’un pays qui a fait de la déstabilisation régionale sa doctrine. L'Algérie n’aura réussi, au final, qu’une terminologie nouvelle: celle de «Sahara occidental». C’est justement, aujourd'hui, ce qui a ravivé la question du «Sahara oriental». De plus en plus, les jeunes puisent dans l’histoire et publient les preuves de la marocanité de ces territoires rattachés par la France à sa colonie d’alors...

L’étrange médiation d’Ahmed Attaf : entre déni diplomatique et manœuvre politique... 1269

La dernière déclaration d’Ahmed Attaf, vaillant ministre algérien des Affaires étrangères, a surpris jusqu’aux plus fins connaisseurs du dossier saharoui. En affirmant que l’Algérie serait «disposée à jouer l’intermédiaire entre le Maroc et le Polisario», Attaf semble s’aventurer dans une posture diplomatique qui confine à l’absurde, tant elle contredit la réalité, les textes internationaux et même les propres choix stratégiques d’Alger. Car, derrière le ton placide qu’affectionne le chef de la diplomatie algérienne, cette sortie révèle un mélange d’amnésie politique, de calcul interne et d’enfumage externe. Il a même omis d’expliquer pourquoi cette proposition revient maintenant. La première anomalie réside dans l’ignorance feinte de l'essentiel de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Celle ci précise explicitement que l’Algérie **est partie prenante du conflit**, et qu’à ce titre elle est appelée à **prendre part aux négociations**, sous la conduite de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, mais **aux États-Unis**. Autrement dit, l’Algérie ne peut en aucun cas se présenter comme un acteur extérieur, neutre ou impartial. Elle **est dans le dossier**, et n’en sortira pas par un simple effet de langage. Deuxième amnésie, plus criante encore : Attaf fait comme si **aucune main tendue** n’avait été adressée par le Maroc à l’Algérie. Or Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, à maintes reprises, invité expressément le président Tebboune à un **dialogue franc, direct, sans conditions**, pour traiter l’ensemble des questions bilatérales, y compris les causes profondes des tensions. Il n’a jamais répondu. Pire, il a maintenu la fuite en avant diplomatique : rupture unilatérale des relations, fermeture de l’espace aérien, discours hostiles parfois dépassant l'entendement et soutien renforcé au Polisario. Dans ce contexte, la prétention d’Alger à vouloir « rapprocher » Rabat et le Polisario relève plus du théâtre diplomatique que d’un geste sincère. En présentant le conflit comme un simple malentendu entre « deux parties » que l’Algérie pourrait aider à dépasser, Attaf adopte un ton presque ingénu. Un ton naïf qui frôle le ridicule. Comme si le rôle central d’Alger dans la genèse, l’entretien et la militarisation du conflit n’était pas un fait établi, reconnu et documenté. Comment prétendre jouer le médiateur quand : * le Polisario est **hébergé à Tindouf**, sur le sol algérien, * ses dirigeants circulent avec des passeports diplomatiques algériens, * son *Président* est transporté par avion présidentiel algérien, * son armement provient en grande partie d’Alger, * sa diplomatie dépend du MAE algérien qui en dicte le contenu et la démarche. La prétention à la neutralité devient alors non seulement **anachronique**, mais **indécente** au regard de l’histoire du dossier. Cette proposition improbable pourrait, en réalité, révéler le désarroi d’Alger face à son **isolement régional et international croissant**. L’Algérie cherche peut-être à se repositionner en acteur de «paix» et de «concorde», dans un contexte où sa diplomatie est perçue comme rigide, agressive et prisonnière d’un narratif dépassé. Elle est directement accusé de favoriser le terrorisme dans la région du Sahel. Le Mali, au perchoir de l'ONU, a tenu un discours on ne peut plus direct, dans ce sens. Il s’agit aussi et en même temps, peut-être, d’une manière détournée de **réamorcer un contact** avec Rabat, sans assumer publiquement le revirement, alors que toutes les crises entre les deux pays, y compris la rupture actuelle, sont issues de décisions unilatérales algériennes. Le Royaume a toujours été l'ennemi idéal pour expliquer l'emprise de l'armée sur tous les rouages de l'état. Alger sait maintenant , finalement, que cette tension permanente lui coûtera très cher tôt ou tard, tant sur le plan stratégique qu’intérieur. La manœuvre vise sûrement à briser l’isolement et possiblement à renouer indirectement avec Rabat. Who knows? En tout cas, la déclaration est un enfumage pour masquer une cabriole spectaculaire sur la question de Sansal et de la Palestine. Sansal a quitté la prison et a été reçu à l'Elysée; puis de **peur**, voter la résolution sponsorisée par les USA qui prévoit le désarmement du Hamas est une pirouette, un reniement de la doctrine fondatrice du régime algérien. C'est alors qu'il faut convoquer la situation interne en Algérie. Le contexte domestique joue un rôle central dans les derniers revirements. La population fait face à : * des pénuries persistantes, * une situation socio-économique fragile, * la dégringolade de la valeur du dinar, * une incompréhension grandissante face aux contradictions du pouvoir. Le choc a été immense quand l’Algérie, qui se proclamait « plus palestinienne que les Palestiniens » et « plus Hamas que le Hamas », a voté **en faveur d’une résolution américaine** qui prévoit le **désarmement du Hamas** et l’installation d’une **force internationale à Gaza**. Le commun des mortels en Algérie n'est pas prêt de comprendre ce changement brutal de posture. Le vote a profondément dérouté une opinion algérienne habituée à un discours enflammé contre Washington l'impérialiste et Israël la sioniste. Le discours officiel a toujours été inconditionnellement pro-Hamas. Dans cette atmosphère tendue, la sortie d’Ahmed Attaf ressemble fort à un **contre-feu médiatique**, destiné à détourner l’attention du volte face algérien sur le dossier palestinien et sur Sansal. Finalement, la proposition d’Attaf n’est ni sérieuse, ni crédible, ni neutre. Elle révèle, en revanche : * une **crise de narration** au sein de la diplomatie algérienne, * un **isolement international** de plus en plus pesant, * une **réalité intérieure fragile** que le pouvoir tente de masquer par des artifices diplomatiques, * et une difficulté persistante à assumer la vérité du conflit : **l’Algérie est, depuis le premier jour, partie prenante**. L’ambiguïté n’est jamais loin dans les propos de M. Attaf. Ici encore, il affirme vouloir se porter médiateur, en respectant l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité relatives à la question. Bien évidemment, il ne manque pas de remettre sur la table la condition référendaire. Il est sans doute le seul à ignorer que cela n’est plus à l’ordre du jour de l’ONU depuis 2007. La proposition d’Attaf n’est acceptable ni sur la forme, ni sur le fond, et n’apporte rien de positif. Il faut savoir que la conférence de presse était montée et non réalisée en direct. Le langage corporel ne trompe pas : l’homme est sous le contrôle de la junte, et s’exprime donc comme la simple voix de l’armée, véritable pouvoir en Algérie. *Interpréter la résolution 2797 à la sauce algérienne et l'accepter tout en la rejetant est ridicule*. Plutôt que de jouer au médiateur imaginaire, Alger serait mieux inspirée de répondre à la main tendue du Maroc et d’assumer sa place à la table des négociations, conformément au droit international et à la réalité des faits.

Mondial 2026 : l’Afrique s’impose, le Maghreb rivalise, le Maroc confirme... 1296

La Coupe du Monde 2026, organisée conjointement par les **États-Unis, le Canada et le Mexique**, marque un tournant historique avec 48 équipes, un format inédit, des qualifications étalées sur plusieurs mois, dans un monde du football en pleine mutation. Au-delà des nouveautés techniques, c’est une véritable **recomposition géopolitique** qui s’opère. Le football devient, plus que jamais, un espace où s’affirment ambitions nationales, stratégies régionales et rivalités symboliques. Dans ce nouvel échiquier, l’Afrique, et plus particulièrement le **Maghreb**, occupe une place centrale. Avec 9 nations qualifiées, l’Afrique montre qu’elle s’organise, tandis que le Maghreb s’affirme comme le pôle majeur du football africain et l'un des prétendants sérieux, par le biais du Maroc, au niveau mondial. La liste des qualifiés: Maroc, Tunisie, Égypte, Algérie, Ghana, Cap-Vert, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire et Sénégal, ne réserve que peu de surprises, si ce n’est l’absence notable du Cameroun et du Nigéria. **Le Maroc** demeure la vitrine stratégique d’un soft power national et africain assumé. Qualifié sans difficulté, le Royaume confirme une dynamique enclenchée depuis plus d’une décennie : infrastructures de haut niveau, planification, politique soutenue par une gouvernance stable, projection diplomatique via le football et valorisation réussie de la diaspora comme force technique et stratégique. Le Maroc est aujourd’hui un **pivot continental**, doté d’une stratégie globale et durable : CAN 2025, candidature pour 2030, Coupe du Monde des U17 féminines, présence accrue dans les instances du football. Sa qualification pour le Mondial 2026 n’est pas un événement isolé, mais l’aboutissement d’une politique d’influence cohérente et assumée. De son côté **L’Algérie** savoure son retour, tout en ressentant douloureusement les succès répétitifs du voisin marocain. Les médias algériens, souvent maladroits, multiplient des explications contestables pour justifier leurs échecs, allant jusqu’à évoquer le complot, une domination marocaine supposée sur la CAF ou d’autres causes plus fantaisistes les unes que les autres. Après avoir manqué le Mondial 2022 dans des circonstances cruelles, l’Algérie aborde ce cycle avec urgence et fierté, cherchant à restaurer sa visibilité internationale et à sortir de l’isolement. Se qualifier représente un vrai **marqueur de crédibilité régionale**, à l’heure où la région connaît de profondes recompositions politiques. Ici, le football favorise autant la cohésion nationale, aujourd'hui fragilisée par les crises récurrentes d'approvisionnement et le déficit en crédibilité à l'international, que la compétition symbolique entre voisins. Pour ce qui est de **La Tunisie**, en proie à des difficultés politiques, elle cherche la stabilité par le football, misant sur la constance comme stratégie. Formation structurée, diaspora compétitive, gestion technique efficace ; la qualification tunisienne s’inscrit dans une logique de continuité. Le pays n’a pas la projection géopolitique du Maroc ou la dimension de l’Algérie, mais possède ce bien précieux : la **durabilité**. **L’Égypte**, quant à elle, géant démographique et historique, fait son grand retour après plusieurs absences frustrantes. Pour Le Caire, cette qualification est bien plus qu’un exploit sportif : c’est un **prestige stratégique**, crucial à l’heure où le pays cherche à restaurer son image internationale et à stabiliser sa scène interne. Forte de son poids démographique et de sa culture footballistique, l’Égypte retrouve la visibilité mondiale qu’elle considère naturelle. La présence conjointe du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte signale un **réalignement régional**. Ce bloc, fort de près de **200 millions d’habitants**, partage des réalités géopolitiques sans former pour autant un ensemble complémentaire : il s’agit plutôt d’une bataille d’influence intra-régionale. Chaque pays projette son image à travers le football : - Le Maroc à travers sa politique, ses infrastructures, son organisation, sa planification et sa diplomatie sportive puissante. - L’Algérie cultivant le prestige national et la symbolique populaire. - L’Égypte avec son poids démographique et son influence culturelle sur le monde dit arabe. - La Tunisie par sa régularité et ses compétences techniques. Tous se disputent en fait le leadership africain, le football devenant le miroir de leurs ambitions politiques : - Qui représente l’Afrique à la FIFA ? - Qui guide la transformation du football continental ? - Qui définit les standards en formation et en infrastructures ? Le Maroc semble prendre une longueur d’avance incontestable, mais l’Algérie et l’Égypte restent compétitrices dans cette lutte symbolique. Les modèles nationaux diffèrent nettement : - Maroc : centralisé, planifié, vision long terme. - Algérie : émotionnel, populaire, volatil mais puissant. - Égypte : massif, institutionnel, historique. - Tunisie : discret, stable, technique. Ensemble, ils forment désormais une **zone footballistique cohérente**, dont l’importance sur la scène mondiale est inédite. Reste à jeter un œil sur les barrages de mars, véritables théâtres d’incertitude et d’enjeux continentaux. Ils offriront les derniers billets. Leur portée dépasse le football : chaque ticket ouvre un espace de narration nationale où le sport devient miroir identitaire. Le Mondial 2026 est résolument géopolitique et le **Maghreb y pèse lourd**. Pour la première fois, la région apparaît à la fois comme bloc concret et espace de rivalités internes. Quatre nations qualifiées dans un contexte où : - l’Afrique gagne en importance. - la FIFA s’adapte au monde multipolaire dans un contexte mondial en redéfinition. - les États utilisent le football comme instrument diplomatique. - le Maghreb, dans sa diversité et sa division devient l’une des régions les plus dynamiques du ballon rond. Ce tournoi nord-américain mettra en scène bien plus que des équipes : il exposera visions, récits nationaux, rivalités historiques et stratégies régionales. Un véritable champs de bataille géopolitique. Dans ce contexte global, le **Royaume du Maroc** n’est plus un figurant : il s'impose comme un acteur central, suscitant jalousies et rivalités acerbes...

Dakhla Atlantique : quand le Maroc fait renaître le désert et ouvre les portes d’une Afrique ambitieuse... 1365

Il existe des projets qui dépassent la simple infrastructure. Des projets qui deviennent des symboles, des messages adressés à l’Histoire et au monde. Le port de **Dakhla Atlantique** appartient à cette catégorie rare : celle des réalisations qui réécrivent le destin d’une nation, et parfois même d’un continent. Une catégorie incarnant l'ambition d'un souverain résolument africain, philosophiquement mondialiste, génétiquement marocain, fondamentalement humaniste. Dans l’extrême sud du Royaume de Mohammed VI, là où les cartes anciennes ne montraient qu’une bande désertique battue par les vents, autrefois occupée par une Espagne n’y voyait qu’un symbole de sa puissance coloniale, le Maroc a choisi de bâtir l’avenir en retrouvant ses racines et son ADN profond. Là où l’imaginaire colonial parlait d’un espace vide, d’une « terre sans âme », les Marocains, inspirés par leur souverain adulé, ont vu une opportunité, un horizon, un futur. Le Sahara marocain n’est pas une marge : il est une matrice. Une source d’inspiration, comme il le fut pour **Saint-Exupéry**, ce poète-pilote qui y trouva la naissance du *Petit Prince*. Aujourd’hui, ce Petit Prince a grandi. Il est devenu marocain et le revendique. Il prend vie sous les traits d’un Maroc moderne, audacieux, innovant. Il construit, il relie, il soigne. Il plante dans le sable les graines d’un futur durable. Il lui a donné un nom et un symbole : **Dakhla Atlantique, l’ambition portée par l’océan qui caresse la côte et embrasse tout un peuple toujours debout: le peuple marocain drapé de fierté et d'honneur **. En édifiant le port de Dakhla Atlantique, avec un savoir faire nationale et les bras de sa jeunesse, le Maroc affirme que son Sahara n’est pas une périphérie, mais un carrefour. Un point d’ancrage stratégique entre : - **l’Afrique de l’Ouest en pleine mutation**, - **les Amériques, du Nord au Sud**, - **et l’Europe voisine**, partenaire historique et commercial incontournable. Le Royaume ne regarde pas seulement vers le large : il tend la main vers l’intérieur du continent. Le port devient alors un outil **de désenclavement du Sahel**, un corridor logistique essentiel pour des peuples et des pays enclavés comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou même le Tchad. Il leur ouvre un accès à l’Atlantique, donc au monde, offrant de nouvelles voies pour l’agriculture, les mines, l'industrie, la technologie, les échanges et l’intégration économique africaine. Ce que le Maroc construit est une **grande porte continentale largement ouverte vers l'humanité**. Le Maroc s’est résolument et irrévocablement mis au service du continent, fidèle à ses racines et à sa vocation africaine ancestrale. Sous l’impulsion visionnaire de SM le Roi Mohammed VI, le Royaume ne fait pas dans la propagande. Il a fait et concrétise un choix stratégique : être un **acteur de développement africain**, pas seulement un partenaire. Dakhla Atlantique en est la traduction concrète. Le Maroc s’y positionne comme un **pays-pont**, un vecteur de stabilité et de prospérité pour toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà. À l’heure où de nombreuses nations peinent à trouver une boussole, le Maroc offre un modèle : celui d’une diplomatie apaisée, d’un développement assumé, et d’une ambition qui ne s’excuse pas et s'impose dans la paix. Mais l’ambition chérifienne ne s’arrête pas à la géopolitique. Elle touche aussi la science, l’innovation, et l’écologie. **Green Morocco : faire du désert un laboratoire du futur**. Dans ce Sahara longtemps décrit comme nu, hostile, minéral, inutile, le Maroc fait éclore un des plus grands laboratoires naturels de la planète : - **énergies solaires parmi les plus puissantes au monde**, - **énergies éoliennes ininterrompues**, - **hydrogène vert**, - **énergies bleues**, - **technologies marines**, - **gestion durable des ressources halieutiques**, - **nouveaux modèles d’agriculture du désert**. Le Maroc dit haut et fort que le Sahara n’est plus un vide. C’est une ressource. Un trésor d’avenir. Une réponse aux défis du monde. Avec ce port, le Maroc prouve qu’il est possible de respecter son environnement, de magnifier ses forces naturelles, et de bâtir un développement qui n’écrase pas, mais qui libère. C’est alors que le combat, depuis un demi-siècle, pour **le Sahara marocain** prend tout son sens et beaucoup d'amplitude. C’est une renaissance, pas une reconquête. Ce projet n’est pas un simple acte d’ingénierie. Il est un acte d’amour. Un acte de foi. Un acte de justice historique. Le Sahara marocain n’est pas un décor : il est **le cœur battant d’un Maroc qui avance**, d’un peuple qui croit, d’une nation qui rêve grand, d'une jeunesse qui exprime son talent et exulte. Le Maroc ne cherche pas à “gagner” son Sahara. Il y est pour l'éternité et l'adore. Il le fait vivre. Il le respecte. Il le valorise. Il l’honore. Et ce faisant, il libère son potentiel, mais aussi celui de millions d’Africains qui trouveront dans Dakhla Atlantique un horizon inédit. **Le Royaume du Maroc est ici l'architecte d’un futur continental**. Le port de Dakhla Atlantique n’est pas seulement un chantier titanesque. C’est un manifeste d’un Maroc qui regarde le monde droit dans les yeux. D’un Maroc qui ne s’excuse pas d’être ambitieux. D’un Maroc qui transforme le désert en avenir, l’isolement en connexion, et les rêves en infrastructures. Là où Saint-Exupéry imaginait un Petit Prince, le Maroc a fait naître un géant. Un géant pacifique, visionnaire, africain. Avec l'ambition Royale de Sa Majesté Mohammed VI : Le Sahara vit. Le Maroc avance. Et l’Afrique respire un vent nouveau. Qu'il me soit permis ici de remercier MD Sahara (Maroc Diplomatique) de m'avoir donné la chance de vivre un moment qui m'a rendu encore plus fier de ce que je suis: *un simple citoyen marocain heureux de vivre ce règne exceptionnel. * C’est ce qui a inspiré ce modeste texte que je veux comme une transcription d'une émotion forte et marquante, tel un tatouage pérenne, un témoignage d'admirations aux amitiés renouées ou nouvelles sur "les berges" du chantier colossal du port.

Libération stratégique de Boualem Sansal: sauver la face d'Alger... 1698

L’écrivain algérien Boualem Sansal, également français, âgé de 81 ans, avait été arrêté à l’aéroport d’Alger le 16 novembre 2024 suite à une interview dans laquelle il évoquait quelques vérités historiques qui, selon les autorités algériennes, constituent une menace à l'intégrité du pays. Saluant la décision du Président Macron de reconnaitre la marocanité du Sahara, il avait notamment parlé du fait que la France avait mutilé le Maroc, rattachant des territoires très importants à l'Algérie. C'est un sujet très irritant pour le pouvoir à Alger. En mars 2025, un tribunal avait donc condamné Sansal à cinq ans de prison pour «atteinte à l’unité nationale », accusation très lourde. À la surprise générale, ou presque, le 12 novembre, le président Abdelmadjid Tebboune a accordé son pardon à Sansal, suite à une demande expresse du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Sansal est transféré en Allemagne où il a été immédiatement hospitalisé. L'homme atteint d'un cancer à vu sa santé beaucoup se détériorer durant l'incarcération. L'évolution rapide du dossier fait donc suite à la médiation allemande, alors que les appels répétés de la France pour la libération de Sansal étaient restés sans effet. Le pardon est officiellement présenté comme un "acte humanitaire, généreux". Cependant, cette libération ne peut être envisagée hors de tout enjeu géopolitique et constitue de toute évidence en filigrane, une manœuvre pour désamorcer la crise franco-algérienne, accentuée depuis quelques mois déjà. La médiation allemande s’inscrit, chacun le sait, dans un contexte tendu entre Alger et Paris. En octobre 2024, la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara Marocain, provoquant une colère rouge à Alger et un refroidissement immédiat et notable des relations bilatérales. L’arrestation de Sansal, figure algérienne contestataire, a été perçue comme un levier de pression sur la France dont il porte la nationalité. Rien n'y a fait : en janvier, le Parlement européen avait condamné cette arrestation et exigé la libération de l’auteur, mais l'Algérie était restée sourde. Qu’est-ce qui expliquerait ce rôle surprise de l’Allemagne, alors que d'autres pays auraient, paraît-il, essayé en vain de faire plier Alger ? L’Allemagne entretient en fait des relations plus neutres avec l’Algérie que la France et offre ainsi une issue diplomatique acceptable pour Alger, qui évite une perte majeure de prestige. Boualem Sansal était devenu une véritable patate chaude dont il fallait se débarrasser au plus vite. Il est même dit, ça et là à Alger, que son arrestation avait été une erreur. Le fait que le président Tebboune ait été soigné en Allemagne renforce ces liens avec l'Allemagne. Par ce canal, Alger améliore son image internationale sans céder directement à la France, ce qui atténue la perception d’une capitulation. Il faut aussi rappeler que Boualem Sansal est très apprécié et lu en Allemagne où il avait obtenu la plus prestigieuse des distinctions littéraires du pays. Cela couvre un peu cette médiation surprise. La libération semble s’inscrire dans une stratégie algérienne de gestion des pressions internationales sans compromis direct avec Paris, préservant ainsi la face du régime. L’Allemagne, en tant qu’intermédiaire, permet d’apaiser les tensions tout en maintenant la stabilité politique intérieure algérienne. Comme à leur habitude, les médias algériens, n'ont pas tardé à organiser des débats chantant l'humanisme et la grande sagesse du président Tebboune. Ils n'ont pas arrêté de chanter victoire. On ne sait pas sur qui, mais victoire quand même. Des débats où, comme à chaque fois, sont cités pêle-mêle : sionisme, makhzen, ennemi français, défense du pays, etc. Sansal est gracié mais reste le traitre exécrable de la nation. La vérité est que le contexte économique et stratégique que connaît l'Algérie ne lui permet plus de bomber le torse. Face à un isolement diplomatique grandissant, une dépendance aux hydrocarbures et un ralentissement économique avec dévaluation historique du dinar, le régime algérien utilise la libération de Sansal comme acte symbolique destiné à redorer son image car même ses partenaires historiques que sont les Russes et les Chinois, lui ont tourné le dos en faveur du Maroc. On peut également faire une autre lecture et convoquer l'hypothèse des intérêts croisés. L’Allemagne a vraisemblablement servi d’intermédiaire utile, répondant indirectement aux intérêts de la France et de l’Algérie. Pour Paris, transférer la médiation à Berlin préserve une posture humanitaire crédible sans confrontation directe avec Alger. Pour Alger, répondre à une demande allemande permet d’éviter un recul symbolique face à l’ancien colonisateur. Les perspectives et les implications sont alors plus claires. Le régime algérien conserve son cadre autoritaire ; la libération de Sansal ne constitue donc pas un signe de faiblesse. Les médias algériens cherchent même à montrer que l’affaire révèle la perte d’influence de la France, qui aurait cherché à isoler Alger. Avec cette libération, la diplomatie algérienne serait devenue désormais multipolaire. En réalité, le compromis était nécessaire pour limiter l’isolement diplomatique et économique de l'Algérie. Les défis structurels du pays restent importants et profonds. Les médias algériens cherchent désespérément à montrer que la libération de Sansal par l’intermédiaire allemand témoigne d’un changement profond dans l’équilibre diplomatique régional en sa faveur. La France aurait perdu son quasi-monopole historique sur les relations, confrontée à une Algérie souveraine et puissante qui a diversifié ses alliances européennes. Selon ces médias, cette évolution aurait affaibli symboliquement Paris et renforcé la diplomatie multipolaire de l'Algérie conquérante. Au-delà de tel ou tel propos parfois ridicules dont le seul but est de calmer le front interne algérien, cette libération aura un impact positif sur les relations franco-algériennes et, au-delà, sur la diplomatie allemande dans la région. Pour l’Allemagne, ce succès diplomatique consolide son rôle géopolitique en Méditerranée et en Afrique du Nord, lui offrant de nouvelles marges de manœuvre politiques, économiques et sécuritaires. Berlin améliore sa position auprès des autorités algériennes et des pays voisins, et renforce ses partenariats stratégiques dans une région clé pour ses intérêts. L'Allemagne, rappelons-le, s'était déjà prononcée positivement sur le projet marocain d'autodétermination au Sahara marocain. La libération de Boualem Sansal dépasse donc la simple dimension humanitaire pour devenir un point de convergence diplomatique, symbolique et économique. Le choix de l’Allemagne comme médiateur a permis à l’Algérie de répondre à la pression internationale en sauvegardant en apparence son image vis-à-vis de la France, tout au moins pour sa propre population. La France a atteint son objectif: libérer Boualam Sansal. Alger en avait pourtant fait une affaire de dignité nationale.

Les régimes militaires : promesses révolutionnaires, désillusions nationales certaines... 1364

Depuis les indépendances du milieu du XXᵉ siècle, une large partie du monde en développement a été traversée par la tentation militaire. En Afrique, en Amérique latine ou en Asie, les armées, souvent les seules institutions *organisées, hiérarchisées et disciplinées*, à la suite du départ des colonisateurs, ont pris le pouvoir au nom de la stabilité, de la justice sociale ou de la révolution. Pourtant, l’histoire révèle que, derrière les slogans pompeux de « démocratique », «populaire » ou « révolutionnaire », ces régimes ont rarement laissé place à autre chose que la répression, la corruption, la stagnation et bien plus encore. Les lendemains d’indépendance ont vu certaines armées se positionner en sauveuses autoproclamées. Toutes n'ont laissé derrière elles que le KO, le sous-développement et la misère. Dans les années 1960 et 1970, l’Afrique nouvellement indépendante connaît une flambée de coups d’État militaires. Entre 1958 et 1980, plus de 60 putschs militaires sont recensés sur le continent. Certains leaders charismatiques des indépendances se sont vus dépossédés du pouvoir de la pire des façons. Au Ghana, Kwame Nkrumah, pionnier du panafricanisme, est renversé en 1966 par un coup d’État militaire. En 1968, Moussa Traoré dépose Modibo Keïta au Mali, mettant fin à un projet socialiste naissant. Ould Dadda de Mauritanie ne connaitra pas un meilleur sort. Plus tôt, c'était Patrice Lumumba qui subissait les pires atrocités. Le roi Farouk est poussé à la porte de l'Égypte. Kaddafi dépose le vieux Senoussi. Benbella subissait le dictat de Boumedienne. En Amérique latine, la même mécanique se répète : l’armée prétend « sauver la nation » du chaos. Au Brésil, le coup d’État de 1964 installe une dictature pour 21 ans sous le prétexte de combattre le communisme. Au Chili, le général Augusto Pinochet renverse en 1973 le président démocratiquement élu Salvador Allende, inaugurant un régime de terreur responsable de plusieurs milliers de morts et disparus. En Asie, la Birmanie illustre une domination militaire persistante. Depuis le coup d’État de 1962 du général Ne Win jusqu’à la junte née du putsch de février 2021, l’armée contrôle le pays, étouffant toute opposition et maintenant une pauvreté structurelle. Nombre de ces régimes militaires se sont enveloppés dans un vernis idéologique. Ils se sont dits « révolutionnaires », comme le régime de Thomas Sankara au Burkina Faso (1983-1987), ou « démocratiques et populaires », à l’image des régimes du Congo-Brazzaville ou de l’Éthiopie de Mengistu Haile Mariam (1974-1991). Mais cette promesse de transformation sociale a presque toujours débouché sur la confiscation du pouvoir. Les libertés civiles furent suspendues, les opposants emprisonnés ou éliminés, tandis que les économies nationales sombrèrent dans la gabegie et la prédation. La rhétorique des régimes « populaires, démocratiques et révolutionnaires » s'avère tout aussi mensongère qu'improductive, pour ne pas dire plus. Le Nigeria, avec ses six coups d’État entre 1966 et 1999, est emblématique de cette spirale. Les régimes successifs de Yakubu Gowon, Murtala Mohammed et Sani Abacha ont dilapidé les revenus pétroliers d’un des pays les plus riches d’Afrique. À la mort d’Abacha en 1998, le pays était exsangue : corruption généralisée, dette abyssale, répression politique. Malgré l'évidence, certains pays continuent à endurer ce genre de régime, avec une recrudescence ces derniers temps en Afrique occidentale et au Sahel. Il est difficile de porter un jugement sur ces régimes naissants. Attendons. Le temps nous dira. Ils promettent tous de remettre le pouvoir aux civiles après une période de transition. Souvent ils y gouttent au plaisir de la vie et s'y plaisent... Aujourd’hui, les États encore dominés par une junte militaire sont moins nombreux qu'avant en Afrique. L’Algérie demeure tout de même un exemple notable, vestige des régimes installés dans les années soixante. L’armée reste ici le véritable centre de pouvoir depuis l’indépendance en 1962. Officiellement dirigée par des civils, la réalité est différente, notamment depuis le coup de force de janvier 1992, qui interrompit un processus électoral et plongea le pays dans une guerre civile meurtrière. Près de 200 000 personnes y perdirent la vie, selon Amnesty International. Trente ans plus tard, malgré les apparences institutionnelles, la présidence d’Abdelmadjid Tebboune (depuis 2019) reste sous étroite influence militaire. Il est toujours flanqué du général chef des armées. Le mouvement du Hirak, né en 2019, avait dénoncé ce système opaque décrit comme un « pouvoir militaire sans uniforme ». Aujourd'hui, la situation ayant conduit au Hirak ne s'est pas améliorée : l’économie, dépendante du pétrole, s’enlise, tandis que la jeunesse s'exile massivement. Les illusions sont encore une fois perdues. Le dinar dégringole alors que le pays dépend de l'importation pour ses besoins primaires. Les régimes se prétendant « du peuple » ont souvent retourné leurs armes contre ce même peuple. Des pays riches en ressources comme le Nigeria, le Congo, le Soudan, la Libye, l'Algérie ou la Birmanie, pour ne citer que quelques exemples, sont devenus des laboratoires de la désillusion. Les massacres, abus et dilapidation des richesses laissent toujours des cicatrices profondes. La tendance mondiale, marquée par la disparition des régimes militaires, n'est pas pour plaire à tout le monde, notamment aux armées dans certaines régions, quitte à plonger le pays dans le KO. Le cas du Soudan donne des signaux très alarmants. C'est alors qu'une leçon s’impose : aucune dictature en uniforme n’a réussi à bâtir durablement la prospérité ou la paix, nul part. L’histoire des régimes militaires est celle d’une promesse trahie. Derrière le discours du redressement national, de la défense des intérêts du pays, ces pouvoirs ont produit la peur, l’appauvrissement et le désenchantement. L’armée, censée protéger la nation, l’a souvent tenue en otage. Là où elle persiste encore à s'accaparer le pouvoir, elle incarne surtout les dernières résistances d’un modèle condamné par l’histoire. À bon entendeur, salut !

Sahara Marocain : la vérité irréversible face au déni... 1359

Depuis l’adoption de la résolution 2927 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, arithmétiquement, largement et logiquement favorable au Maroc, l’Algérie semble refuser d’admettre l’évidence. Malgré la clarté du texte et le large consensus international qu’il a suscité, Alger poursuit son agitation diplomatique et médiatique, multipliant les interprétations et les prises de positions contradictoires. À sa tête, le ministre Ahmed Attaf envoyé au charbon. Il mène une offensive verbale où la désinformation rivalise avec l’entêtement. Chaque mot de la résolution est disséqué, tordu, réinterprété par les officines algériennes et leurs relais médiatiques. Ici, on n'a pas peur du ridicule. On y est plein pied. Certaines déclarations internationales sont même déformées pour leur donner une coloration et un sens conforme au narratif d’Alger. Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, ou encore Massad Boulos, n’ont pas échappé à ces manipulations discursives. Seule Aljazeera prend le relais de la distorsion et ne ménage pas ses mots. Ce n'est pas étonnant: Alger y est sanctifiée pour les raisons que l'on sait. Cette stratégie, désormais habituelle, s’appuie sur l’infox et la désinformation, devenues des instruments privilégiés dans la diplomatie algérienne dès lors qu’il s’agit du dossier du Sahara. Pourtant, un fait demeure incontestable : le Maroc est bel et bien chez lui, dans son Sahara, et ne demande ni permission ni validation à quiconque pour y demeurer. Cinquante ans après le déclenchement artificiel de ce différend, l’Algérie semble n’avoir tiré aucune leçon et encre moins de prise de conscience; malgré les milliards de dollars investis qui auraient pu profiter au peuple algérien ; malgré les défaites successives militaires et diplomatiques, l'obstination reste ici maître mot. Une morbidité chronique. Depuis le cessez-le-feu de 1991, la dynamique politique et diplomatique s’est inversée de manière irréversible en faveur du Maroc. Le Royaume a réalisé une véritable *Remontada* comme se plait à le préciser Samir Bennis. L’effet de la propagande et du soutien aveugle du bloc de l'Est et de ses acolytes s’est essoufflé. Chacun est revenu à la raison, sauf quelques exceptions entretenues par des moyens d’un autre âge. La proposition marocaine d’autonomie, jugée sérieuse et crédible par la communauté internationale, est aujourd’hui l’unique base de solution reconnue par le Conseil de Sécurité. Face à cela, Alger continue de s’appuyer sur un réseau d’alliés marginaux: l’Afrique du Sud, l’Iran, qui ont tour à tour exprimé leur désarroi face à la défaite d’Alger, et le Venezuela ; tous peinent à masquer leur isolement diplomatique. Ces soutiens s’élèvent contre une résolution qui place pourtant la solution politique proposée par le Maroc au centre du processus onusien. Mais rien n’y fait : les positions américaines, françaises, britanniques, et désormais chinoises et russes, ainsi que le soutien explicite ou implicite de plus de cent trente pays, confirment que le vent de l’histoire souffle définitivement du côté du Maroc. Dans ce contexte, le Royaume affiche une posture de fermeté tranquille. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, fidèle à sa politique de main tendue, a réaffirmé sa volonté d’un règlement « sans vainqueur ni vaincu ». Le ton calme de ses propos confirme à la fois sa bonne volonté, mais avertit aussi que la patience du Maroc a des limites. Le message est clair : le temps des concessions unilatérales est révolu: Il n'y a pas d'alternative au plan d'autodétermination mis sur la table. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a résumé cette position avec un sourire significatif sur la chaîne 2M : « La question est close ». Ce sourire sympathique, plus qu'un geste, traduit la confiance d’un pays sûr de ses droits, appuyé par la légitimité historique, juridique, politique et désormais onusienne. Qui peut en dire plus ? La décision du souverain marocain de décréter le 31 octobre, date du vote de la résolution 2927, comme nouvelle fête nationale n’est pas anodine. Elle marque un tournant symbolique : celui de la consolidation définitive du Sahara dans le giron national et de la reconnaissance internationale de cette réalité. Le message du Royaume est sans équivoque : le Maroc a trop attendu, trop concilié, pour continuer à subir le blocage stérile entretenu par son voisin belliqueux de l’Est. Désormais, l’heure est à l'accélération du développement, à la modernisation et à la valorisation socio-économique du Sud, devenu un moteur de croissance nationale et régionale. C’est ainsi qu’il faut interpréter cette déclaration : *Il y a un avant et un après 31 octobre 2025.* Une évolution de paradigme chez les voisins nous ferait à tous gagner plus de deux points de croissance annuellement, avec ce que cela implique pour les peuples de la région. Alger refuse pourtant, alors même que le pays est à la dérive et que sa population manque de l’essentiel pour vivre décemment. Mais les militaires d’Alger, derrière leurs galons de pacotille, n’en ont que faire. Droits dans leurs bottines, ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez... Sans doute n’ont-ils pas compris ce qu’ont subi la Syrie, la Libye et l’Irak, ni les cas similaires en Amérique latine. L’obstination dans la bêtise et le déni de la réalité ne peuvent être que contreproductifs. L’histoire le démontre amplement. Il faut cependant savoir lire cette histoire et en tirer les leçons. L’Algérie, hélas pour son peuple, persiste dans une stratégie du refus, oubliant que le monde a changé et que les équilibres diplomatiques se sont déplacés. Elle pense encre pouvoir gagner du temps et parier sur une nouvelle présidence américaine dans trois ans. Trois ans c'est long pour le président Trump... Tandis que le Maroc avance, bâtit et investit dans ses provinces du Sud, soutenu par le bon sens de ceux qui savent faire des affaires au profit de leurs peuples, Alger reste prisonnière d’un passé révolu et d’un narratif idéologique épuisé. Le Royaume chérifien, lui, regarde vers l’avenir, serein dans sa légitimité, solide dans son unité nationale, confiant dans son droit, et désormais porté par la reconnaissance internationale d’une vérité désormais indiscutable : le Sahara est marocain, et le restera.

Si Ahmed Attaf et la valse à mille temps... 1350

La dernière sortie du vaillant Ahmed Attaf est étonnamment différente de celles à quoi il nous avait habituée. Toujours derrière son flegme machinal, cette fois-ci il laisse néanmoins transpirer un certain désarroi. L'homme est embarrassé. Il est à la fois jongleur, équilibriste, acrobate, valseur et pompier de service. Il cherche ses mots, et ses phrases lui coupent la respiration. Il étouffe des fois. Ses propos sont bourrés de contradictions et truffés de contorsions difficiles; l'archétype du diplomate à bout de souffle mais habile tout de même. Dans sa quête de soldat du feu, il cherche à rassurer en interne, voire à crier timidement, mais à crier tout de même, à la grande victoire. L'Algérie aurait fait plier le monde entier, USA en tête. En jongleur, il a avec une modestie trompeuse, voulu rassurer les grandes puissances que son pays ne leur en voulait pas, évitant ainsi de heurter leur sensibilité. Un exercice ô combien périlleux, puisque bientôt il sera convoqué à la table des négociations en tant que partie prenante. Là, il devra faire preuve de beaucoup d'ingéniosité pour échapper au diktat de la paix voulu par la communauté internationale et qu'il devra construire avec le Maroc. L'homme a parfaitement bien compris qu'aujourd'hui il ne peut plus naviguer qu'à visage découvert. Son pays est bien l’autre partie directement concernée. Derrière son ton mesuré et son vocabulaire feutré, sa sortie médiatique répond à une logique précise, articulée autour de trois objectifs : apaiser le front intérieur, préparer l’opinion à un retour aux négociations sur le Sahara, et préserver la ligne rouge d’Alger: pas de normalisation avec Rabat. Tel un équilibriste, il fanfaronne subtilement que la divergence avec Washington et Bruxelles est maîtrisée. Effectivement, les USA peuvent très bien comprendre la logique des deux premiers volets : apaisement interne et préparation des négociations, mais ils divergent fondamentalement d’Alger sur la question du rapprochement avec le Maroc. Pour Washington, cette normalisation est une pièce maîtresse de sa stratégie atlantique-africaine autour des métaux critiques, un enjeu clé face à la Chine. L’Union européenne partage cette vision: elle voit dans la réconciliation maroco-algérienne un préalable au redémarrage du projet euro-méditerranéen, paralysé depuis des années par la rivalité entre les deux voisins. Bruxelles comme Washington peuvent bien penser que ce désaccord stratégique reste gérable à court terme, car l’urgence commune demeure la relance des négociations sur le Sahara, perçue comme une priorité stabilisatrice pour la région. Mais tout le monde comprend que le régime militaire algérien a dépêché Attaf pour absorber le choc du *séisme de New York*. Sa première mission consistait donc à calmer les esprits après le coup dur infligé par la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui réaffirme le plan d’autonomie marocain comme base sérieuse et crédible, et qui en fait l'aboutissement des négociations. Le succès diplomatique de Rabat a provoqué un véritable électrochoc à Alger, où le pouvoir redouterait que la défaite diplomatique ne se transforme en crise interne entre les différents cercles du régime, en particulier entre la hiérarchie militaire et la façade politique. Pour éviter une telle implosion, Attaf a tenté de réécrire la narration officielle: la résolution, a-t-il affirmé, ne serait pas un triomphe marocain mais une victoire algérienne, Alger aurait «empêché l’imposition de l’agenda marocain». Une interprétation en totale contradiction avec les déclarations du représentant algérien à l’ONU, qui avait justifié le non vote de son pays par la place centrale accordée au plan d’autonomie. Mais sur le plan médiatique, la manœuvre a porté ses fruits. Le discours d’Attaf a trouvé un écho favorable jusque dans certains cercles critiques du pouvoir. En réalité, cette opération d’apaisement arrange aussi Washington et Rabat: elle garantit la stabilité du régime algérien et maintient le calme intérieur, conditions nécessaires pour ouvrir la voie à de futures discussions sans interférences internes. Tous sont attelés à préparer le terrain des négociations. Le deuxième objectif d’Attaf était de préparer l’opinion publique, nationale et internationale, à l’idée d’un retour à la table des négociations, conformément à la pression exercée par les USA pour relancer un processus politique concret. Le ministre s’est ainsi efforcé de présenter la résolution onusienne sous un jour positif, allant jusqu’à la qualifier de «victoire pour les principes de la cause sahraouie», tout en expliquant que l’Algérie aurait voté pour, si une phrase n’avait pas mentionné «la souveraineté marocaine». Un jeu d’équilibriste ingénieux, destiné à réduire l’écart entre le discours officiel et la réalité diplomatique, et à justifier une éventuelle participation d’Alger à de nouveaux pourparlers sans apparaître en position de faiblesse. Ce repositionnement tactique reste fragile. Si la pression américaine venait à diminuer, Alger pourrait de nouveau recourir à des manœuvres dilatoires pour ralentir ou vider le processus de son contenu. Mais les américains ne sont pas dupes et ils sont pressés. Du point de vue marocain, cette évolution est loin d’être défavorable: Rabat privilégie un règlement négocié, sans vainqueur ni vaincu, tant que le principe de l’autonomie reste la finalité des discussions. Alger elle, cherche à préserver sa ligne rouge: pas de normalisation avec Rabat. Le troisième axe de la communication est qu'Attaf a cherché à éviter un danger existentiel pour le régime en place: être perçu comme cédant à une normalisation avec Rabat sous la pression de Washington. Dans un scénario de contrainte accrue, l’Algérie pourrait accepter une solution politique sur le dossier du Sahara, mais sans franchir le pas d’un rapprochement diplomatique. Pour consolider cette position, Attaf a volontairement réécrit le lexique du texte onusien. Là où la résolution parle de *parties*, de *règlement politique* et *d’autonomie*, il a préféré employer les termes de *décolonisation*, de *référendum* et de *peuple sahraoui*. Ce glissement sémantique délibéré vise à entretenir l’idée que l’Algérie reste fidèle à la logique doctrinaire, alors même que le scénario du référendum a été abandonné par les Nations unies depuis près de deux décennies. La sortie médiatique n’était donc pas une simple réaction diplomatique à une résolution onusienne, mais une opération de communication orchestrée avec soin. Elle poursuivait trois objectifs : apaiser le front intérieur, préparer l’opinion à de futures discussions et réaffirmer le refus de toute normalisation avec Rabat. Ironie du sort, ces trois axes, en cherchant à défendre la position algérienne, finissent par consolider le cadre onusien du règlement, celui-là même qui consacre le plan d’autonomie marocain comme référence principale et redessine les équilibres régionaux au bénéfice du Maroc et de ses alliés occidentaux.

Le Maroc triomphe à l’ONU mais reste humble et ouvert... l’Algérie répond par le déni... 1406

Le vote du Conseil de Sécurité des Nations Unies, faut-il encore le rappeler, a marqué un tournant décisif pour la diplomatie marocaine et pour l'avenir de la région. « Il y a un avant et un après 31 octobre » a dit Sa Majesté le Roi. Par un soutien large et sans ambiguïté à la position du Royaume, la communauté internationale confirme, une fois de plus, la crédibilité de la démarche marocaine à travers le plan d’autonomie proposé depuis 2007 déjà. En fait, la communauté internationale salue ainsi la stabilité du Maroc en tant qu’acteur régional crédible et met en avant ses efforts incommensurables de mise en valeur des territoires du sud et leur développement spectaculaire au profit de ses citoyens et des populations de la région. Ce succès ne doit rien au hasard: il résulte d’une vision royale pertinente, constante, patiente, ferme et humble, privilégiant le dialogue et la coopération plutôt que la surenchère et la provocation. **Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a jamais cessé ses appels à la raison et à la coopération et ce depuis 26 ans.** Immédiatement après l’annonce des résultats du vote, Sa Majesté a appelé encore une fois au dialogue direct et sincère avec l’Algérie, s’adressant expressément au président Teboune. Le message s’inscrit dans une logique de paix et de responsabilité historique. Le souverain, loin d’être triomphaliste, tend une nouvelle fois la main à un voisin qui persiste à se dérober derrière des slogans dépassés et des postures archaïques. Cette main tendue contraste cruellement avec le discours de rejet, voire de haine, qui domine de l’autre côté de la frontière. Tandis que Rabat multiplie les gestes d’ouverture, Alger reste obstinément fermée à tout dialogue, préférant une posture hautaine, la confrontation stérile et contreproductive à la raison. **Un dépit chronique qui étonnement devient doctrine.** La réaction des médias algériens après le vote du Conseil de Sécurité témoigne d’un état d’esprit marqué par l'infox, la propagande, l’exécration et une animosité méchante et agressive. Certains propos tenus dans une télévision d’État ont même été jusqu’à douter de l’intégrité des États membres ayant soutenu la position du Maroc; d’autres ont évoqué, à peine quelques heures après le scrutin, la possibilité d’un *retour aux armes*, comme si la guerre pouvait pallier un échec diplomatique cuisant. Plus inquiétant encore, des insultes à l'encontre du Maroc, notamment le qualificatif de pays «à la botte des sionistes», révèlent un niveau de nervosité extrême, frisant la perte de contrôle. Le mot «makhzen», sciemment galvaudé, est jeté en pâture entre des débatteurs rivalisant dans le burlesque et la surenchère comique. Se rendent-ils compte que ce langage haineux ne fait que renforcer l’isolement d’Alger? En accusant le monde entier de complotisme, les militaires d'Alger ne savent peut être pas que la diplomatie doit être un espace de crédibilité et de confiance, et non de rancune aveugle. En même temps, le monde observe, et comprend enfin. L’Algérie ne cherche ni ne veut être un partenaire de paix et de construction. Aujourd’hui, la communauté internationale est témoin: le Maroc propose, l’Algérie bloque. Le Maroc construit, l’Algérie détruit. Le Maroc prône la coopération, l’Algérie la confrontation. De Washington à Paris, de Madrid à Dakar, de Séoul à Brasilia, De Riad à Freetown, les capitales ont saisit la différence entre une politique tournée vers l’avenir et une posture figée dans une nostalgie idéologique dépassée, risible. Le Sahara n’est plus une question de propagande régionale, mais un enjeu de stabilité globale: il touche à la sécurité du Sahel, à la lutte contre le terrorisme, et à l’équilibre de tout l’espace nord-africain. **L’obstination de l’Algérie est coûteuse**, et le monde en est lassée. En s’accrochant à un dossier dont elle se dit pourtant «non concernée», l’Algérie s’enferme dans une contradiction insoutenable, dans une attitude accablante. Jusqu’à quand cette situation insoutenable pourra-t-elle perdurer sans que la communauté internationale n'intervienne pour mettre fin à ce soutien évident à un groupe aux activités troubles? Le jour où la lassitude gagnerait un cran de plus, notamment aux États-Unis, ce qui pourrait venir rapidement, alors la tentation de qualifier le Polisario en organisation terroriste deviendrait possible et crédible. C'est tout à fait plausible compte tenu des activités militaires des séparatistes, de leurs liens régionaux avec des groupes reconnus terroriste et de leur implantation dans une zone traversée par tous les trafics aux quels ils participent copieusement. Rien ne l’empêcherait puisque déjà dans le pipe aux Congrès Américain, introduit par Joe Wilson qui cristallise énormément de soutiens. Alger se retrouverait alors dans une posture intenable, responsable d’héberger, financer et armer un groupe terroriste. Une telle dérive exposerait le régime algérien à ses propres contradictions et risques. Les insultes algériennes, responsables et presse confondus, des fois directs, des fois à peine voilées de la France, de l'Espagne, même des USA et maintenant du Conseil de Sécurité aussi et de tous ceux qui soutiennent le Royaume vont finir par faire leur effet. Pousser le Polisario à déclarer ne pas participer aux négociations est juste suicidaire pour Alger. Il ne faut jamais oublier que l’avenir appartient à ceux qui construisent, et celui qui construit, c’est le Maroc, qui a choisi la voie de l’édification d’un avenir meilleur pour lui et pour la région. Le Royaume a opté pour le partenariat et la paix. Il consolide son leadership africain, renforce ses alliances et modernise ses institutions en interne. Sa diplomatie repose sur la confiance, la cohérence et le respect mutuel, des valeurs qui, de plus en plus, distinguent Rabat sur la scène internationale. Pendant que les gouvernants algériens ressassent leurs rancunes, le Royaume trace sa route, fort de ses succès, fidèle à ses principes, ouvert au dialogue mais ferme dans la défense de ses intérêts vitaux. Le message royal est clair. le Maroc ne craint ni la confrontation, ni la désinformation, ni l'infox et préférera toujours la paix fondée sur la responsabilité plutôt que le tumulte de l’orgueil mal placé. Les manifestations joyeuses et hautement significatives des citoyens marocains, immédiatement après l’allocution royale, ont montré au monde que l’affaire du Sahara, pour les Marocains, n’est pas qu’une posture ou un jeu de puissance. Conscients de l’enjeu mondial de l’affaire, les manifestants notamment à Laayoune, Boujdour ou Dakhla comme à Tanger ou Agadir, n’ont pas omis de saluer les puissances qui ont favorisé le vote de la résolution 27-97, ce 31 octobre 2025. Loin de moquer les algériens, ils ont fêté pour eux mêmes et pour le monde libre. Ici l'affaire n'est pas passionnelle mais génétique. L'Algérie et les algériens doivent l'intégrer et sont appelés à y réfléchir. Le vent a tourné pour de bon et à jamais, ce 31 octobre.

Reconnaissance de l'Etat de Palestine : un geste historique… ou trop tardif... 1673

La décision, cette semaine, de plusieurs puissances occidentales de reconnaître l’État palestinien aurait pu être saluée comme un moment fondateur de l’histoire contemporaine. Coordonnée, annoncée presque à l’unisson, elle semble vouloir marquer un jalon décisif dans un conflit qui déchire le Moyen-Orient depuis plus de sept décennies. Pourtant, entre portée symbolique et impuissance concrète, ce geste soulève un dilemme : s’agit-il d’un acte qui marque l’Histoire, ou d’une occasion manquée par son caractère tardif ? Une reconnaissance longtemps attendue et surtout différée pour moult motifs plus ou moins compréhensibles. Depuis la proclamation de l’État de Palestine par l’OLP en 1988 sur instance des pays arabes les plus avertis avec en tête le Maroc, marquant le passage d'une lutte armée au bord du terrorisme à une entité fiable, un interlocuteur et partenaire politique, plus de 140 pays, essentiellement du Sud global, ont franchi le pas de la reconnaissance. Ce sont les puissances occidentales, et en particulier européennes, qui ont tardé à s’aligner. Or, leur poids politique, diplomatique et financier aurait pu, dans les années 1990 ou 2000, peser sur les négociations alors menées tambour battant et donner corps à la solution à deux États, portée par les Accords d’Oslo. En choisissant d’agir aujourd’hui, dans un contexte où la perspective d’un État palestinien viable paraît plus lointaine que jamais, beaucoup de données ayant bougé sur le terrain, les puissances occidentales semblent reconnaître davantage la cause légitime d'un peuple qu’elles ne la rendent effective. Les accords d'Oslo ont été contournés et ne valent aujourd'hui plus rien. Alors reste le Le poids du symbole de la reconnaissance. Il serait toutefois réducteur de minimiser la portée de ce geste. Dans l’arène diplomatique, la reconnaissance officielle pourrait être une arme symbolique majeure : elle confèrerait une légitimité supplémentaire à la Palestine, renforcerait ses positions dans les instances internationales et créerait un précédent politique. Pour Israël, c’est un message clair : la patience de ses alliés traditionnels s’est peut être érodée face à l’impasse du statu quo et à la poursuite des implantations des colonies notamment. Mais hélas force est de constater qu'il s'agit aussi d'une action qui révèle l’impuissance occidentale. Au-delà du symbole, la réalité demeure crue : la reconnaissance ne change rien à la situation sur le terrain. Gaza reste assiégée, la Cisjordanie morcelée, et Jérusalem-Est sous tension permanente. Sans mécanismes coercitifs, sans pressions économiques ou diplomatiques, ces annonces risquent de demeurer un signal moral plus qu’un instrument de transformation. En d’autres termes, l’Occident écrit une déclaration dans l’Histoire, mais sans véritable prise sur son cours alors que ce sont les décisions de ce même occident qui sont à l'origine de la situation plus que dramatique dans la région. Alors de quoi parleront nous après que le temps aura fait ses effets. L'occident aurait il Marquer ou manquer l’Histoire ? La reconnaissance de l’État palestinien par ces puissances occidentales restera tout de même une étape diplomatique importante, mais également révélatrice d’un paradoxe : elle arrive au moment où la solution qu’elle devait consacrer semble plus éloignée que jamais. Marquer l’Histoire, c’est agir quand l’action peut changer le destin des peuples. La manquer, c’est se contenter de constater, trop tard, ce que l’Histoire a déjà décidé. L’ambiguïté est là il s'agit d'un geste lourd de symboles mais faible en effets concrets, et surtout, un rendez-vous probablement trop tardif pour avoir la portée historique qu’il aurait eue deux ou trois décennies plus tôt. Reste alors de s'adresser aux palestiniens eux mêmes: Les 36 milles factions guerrières acquises à des causes et des idéologies peu recommandables devraient cesser leur jeu néfaste et tous et toutes devraient s'aligner autour d'une ligne intelligente et réalisable. Les palestiniens devraient saisir l'occasion avec pragmatisme et surtout indépendance dans leur façon de comprendre, de voir et d'agir. C'est peut être là la condition pour que ces reconnaissances puissent peser sur le cours de l'histoire.